Archive

Centrafrique: « il faut avant tout la sécurité »

Aad Skaiky, le directeur du Grand Café à Bangui parle des activités de son groupe et se prononce sur la situation économique du pays

 

Depuis le 24 mars 2013, date de l’arrivée au pouvoir par les armes de Michel Djotodia, l’économie centrafricaine est à terre car aucune société n’est épargnée des pillages. Mais cela n’a pas empêché M. Aad Skaiky de lancer de nouvelles industries à Bangui dans cette situation.

Comment présenter le Groupe Aad? (Présentation, composition, nombre d’employés, activités….)
Je suis Aad Skaiky, arrivé dans ce pays en 1973, PDG du groupe Aad, regroupant les sociétés suivantes:
SOCICA: Complexe Industriel Centrafricain, a pour objet la production industrielle alimentaire laitière.
PALMEX: Palmeraie Export ayant pour objet la création de palmeraies industrielles et la fabrication des huiles végétales.
SAVEX: Savonnerie Export ayant pour objet la fabrication de savon, de toilettes, de détergent en poudre et en liquide.
SAIMEX Saimex ayant pour objet l’Import-Export et commerce général.
Grand-café: rattaché à la Saimex, ayant pour métiers activités la pâtisserie, boulangerie et salon de Thé.
Notre groupe totalise environ 300 salariés.

 


© journaldebangui.com
Aad Skaiky, PDG du groupe Aad
Vous venez de lancer la fabrication de yaourt en Centrafrique, quand sortira le premier pot?
La Société Complexe Industriel Centrafricain en abrégée «SOCICA», est une société Centrafricaine, a pour objet la production industrielle alimentaire laitière pour fournir des produits laitiers sûrs, sains et savoureux vitales pour la santé et l’équilibre alimentaire, à des prix très compétitifs, accessibles aux ménages centrafricains, et avec un impact minimal sur l’environnement. L’usine de la société SOCICA se trouve à Bangui, dans le 6ème arrondissement dans la zone industrielle du quartier Kolongo. Le premier pot sortira début janvier sauf cas de force majeure.

Face à la situation sécuritaire actuelle au pays, quelle est votre sentiment?
Moi et toute ma famille ainsi que nos expatriés sommes restés à Bangui lors de ces événements. Nous avons partagé avec cette population des conditions et des moments d’angoisses pas facile à décrire. Nous aimons ce pays et cet amour nous impose de partager avec la population les jours meilleurs comme les jours difficiles. Nos usines sont protégées par des sociétés de sécurité spécialisées qui veillent sur nos biens et nos personnes, La situation sécuritaire s’améliore, et la force de l’ordre est dans la ville, Dieu Merci.

Vous disposez de plusieurs entreprises, on parlait du Groupe Kamache comme second employeur derrière l’Etat, vous êtes la concurrence attendue?
Joseph Kamach, Paix à son âme, est notre guide, notre référence en matière des affaires et en matière d’actions sociales. C’est une longue amitié qui me liait avec lui. Je me sens un peu l’oncle de ses enfants. Il ne s’agit pas de lancer une concurrence mais plutôt une certaine complémentarité surtout que notre groupe se positionne actuellement dans le secteur agro-industriel qui se différencie de secteurs d’activités du groupe Kamach.

Le Premier ministre s’est déplacé personnellement sur le site de fabrique du yaourt, quelles sont vos relations avec le gouvernement en place?
Nous étions très honorés de la visite d’encouragement de Son Excellence Monsieur le Premier Ministre du site de la société SOCICA en cours de finition. Sa présence, témoigne de son attachement à soutenir et encourager les opérateurs économiques qui croient, encore, à l’avenir de notre pays malgré les difficultés et les moments difficiles que nous traversons. Son Excellence nousa conforté dans nos choix stratégiques de développement et d’investissement dans des projets agro-industriels de grandes envergures porteurs de créations de richesses et d'emploisà un moment décisif où la lutte contre la précarité, le chômage et la pauvreté sont parmi des priorités d’actions du Gouvernement. Son Excellence, Monsieur le Premier Ministre est un homme de loi, cela nous rassure car nous savons très bien son attachement à la Sécurité des biens et des personnes ainsi votre profonde conviction concernant la sécurité judiciaire qui garantit les investisseurs. Nous n’avons pas une relation particulière avec le Gouvernement. Nous faisons partie des opérateurs économiques qui créent des emplois et la richesse, quant au gouvernement il est chargé de la mise en œuvre de la politique de la nation. Chacun dans son rôle.

Quelle serait votre participation à la relance l’économie Centrafricaine?
Pour relancer l’économie il faut avant tout la sécurité, qui est la première des libertés, qui garantisse les biens, les personnes sans oublier la sécurité judiciaire pour sécuriser les investissements. C’est un préalable à tout. La sécurité est du domaine politique et cela ne relève pas de notre responsabilité. Nous vivons dans un pays enclavé, pour désenclaver il faut produire localement, il faut encourager le secteur formel industriel et agro-alimentaire sans oublier le secteur de l’élevage. Après ces événements il faut des mesures fiscales incitatives pour permettre aux sociétés de se redresser. Il faut aussi mettre fin définitivement aux tracasseries administratives inutiles pour laisser les entreprises travailler dans la sérénité.

 



Commentaire


Retour en haut