Archive

Lettre ouverte de jeunes centrafricains vivant en RCA et à l'extérieur

"Je souhaite poser quelques questions au Président de la République, au Premier Ministre, aux membres de la SELEKA ainsi quíaux membres du Gouvernement"

 

Avez-vous, chacun, une famille et des enfants? Si oui, accepteriez-vous quíun jour on puisse, de votre vivant, tuer froidement un de vos enfants ou des membres de votre famille, violer votre petite fille, votre femme ou votre mère? Supporteriez-vous quíon procède à leur enlèvement et à leur torture?

La situation est de plus en plus alarmante en République Centrafricaine. Après le coup de force du 24 mars dernier, le gouvernement actuellement au pouvoir, issu de Séléka, semble toujours impuissant à maîtriser ses propres éléments, dont la plupart sont des chefs de guerre venus du Soudan et du Tchad. Ces gens sont des sanguinaires à sang froid, des machines à tuer, habitués à vivre dans les régions où les armes crépitent et où le sang coule à flot. Ils ont envahi la quasi-totalité du territoire centrafricain et se sont partagé les terres en guise de butin. Ils règnent en maîtres absolus et níobéissent à aucune hiérarchie. Leur présence est intolérable pour la paisible population de la Centrafrique. Ils commettent de terribles violations des droits humains, les pires exactions tels que viols sur les femmes, les enfants et même les personnes âgées, tortures, pillages, racketsÖ Les populations civiles et surtout rurales sont leurs principales victimes, contraintes à se réfugier dans la brousse ou la forêt, ainsi que dans les pays frontaliers, créant une situation humanitaire inhumaine et insupportable. Bien évidemment les activités sociales et économiques habituelles sont devenues impossibles.

 


© journaldebangui.com
Ephrem Aristide Kondamoyen
A Bangui, toutes les activités sont au ralenti dans tous les secteurs. La population terrorisée vit dans líangoisse. Depuis sept mois, elle appelle au secours, mais en vain. En réponse aux actes des Séléka et à leur impunité ainsi quíau silence et à líimpuissance du pouvoir en place, les villageois et les jeunes se sont constitués en groupes díautodéfense menant ainsi des attaques vers les différentes positions des éléments de la Séléka et leurs complices, membres de la communauté musulmane vivant en Centrafrique. Les villes de Bossangoa, Bouka et Batangafo, Yaloké, Bangui, Bouchia, Mbata, Bangassou, Markounda, Gaga, et de nombreux autres villages ont été attaqués par ces groupes de jeunes. Mais la réplique des éléments de la Séléka été cruelle. Plusieurs maisons appartenant à la communauté chrétienne ont été incendiées et les populations y ont été brûlées vives et massacrées. Le conflit inter-religieux qui en résulte risque de síempirer et le gouvernement níarrivera pas à maitriser cette situation.

A líinsécurité totale síajoute la crise socio-économique. Les familles centrafricaines subissent quotidiennement des rackets. Les vols sont permanents dans les rues, dans les marchés et sur les places publiques. Les motos et les voitures familiales sont saisies de force et les maisons familiales visitées et pillées, saccagées de jour comme de nuit par les éléments de la coalition Séléka. La panique et la terreur ont atteint leur paroxysme dans les foyers. Le paisible et pauvre peuple centrafricain síenfonce vers une mort lente et certaine.

Le peuple centrafricain, désespéré et traumatisé, ne sait plus à quel saint se vouer. Il sollicite le secours de la France et de líextérieur, enfin de pouvoir sortir de cette situation catastrophique qui entraîne dramatiquement la Centrafrique vers sa disparition à court terme de la carte du Monde.

Je demande alors à Monsieur le Président de la République, aux membres de la SELEKA et aux membres du gouvernement, ainsi quíà la France et à la Communauté Internationale, de réagir le plus vite possible devant la gravité et líurgence de la situation actuelle en Centrafrique.

 



Commentaire


Retour en haut