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Centrafrique: tirer la sonnette d'alarme sur une crise explosive

On craint que la situation centrafricaine ne puisse à terme créer un appel d'air pour tous les groupes armés de la zone

 

Pays parmi les plus pauvres du monde et en crise depuis des années, cette ancienne colonie française s'est enfoncée dans la violence et le chaos depuis la chute en mars du président François Bozizé, renversé par une coalition hétéroclite de rebelles, la Séléka, aujourd'hui officiellement dissoute. Le pays est livré à des chefs de bande et des mercenaires étrangers, l'Etat s'est effondré et les violences menacent de prendre un tour religieux entre chrétiens, qui constituent la majorité de la population de 5 millions d'habitants, et musulmans. Il y a urgence, avait déclaré le président François Hollande à New York fin septembre, insistant sur le risque de "somalisation" de la RCA face à la communauté internationale.

 


© jeuneafrique.com
Les appels à l'aide se multiplient
Une crise qui déborde les frontières de la Centrafrique
Le premier pays touché par le chaos centrafricain est la République Démocratique du Congo (RDC). Sa province orientale partage avec la RCA une frontière commune. «Combattants de la LRA, de la Séléka, ils franchissent la frontière, pillent, violent et tuent en toute impunité», confie à La Croix súur Angélique Namaika, lauréate 2013 du prix Nanssen, du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) pour son action auprès des femmes violées dans cette province. Autre pays touché, le Cameroun. Des bandes armées de la Séléka sont en train de fusionner avec des groupes qui sillonnent et fragilisent le nord du pays. Enfin, plusieurs opposants au président tchadien sont signalés en RCA où ils profitent du désordre pour se constituer un trésor de guerre et réunir des combattants en vue de renverser Idriss Déby. "Il y a un cocktail explosif en Centrafrique, et nous craignons que ce pays ne crée un appel d'air pour tous les groupes armés de la zone", souligne une source diplomatique française, évoquant cette présence de mercenaires tchadiens et soudanais, de la sanglante rébellion ougandaise Armée de résistance du Seigneur (LRA). Sans compter la probable arrivée de jihadistes chassés du Mali ou d'éléments du groupe islamiste armé nigérian Boko Haram.

Profitant de la récente venue en Centrafrique du chef de la diplomatie française en Centrafrique, un diplomate français à Bangui a souligné que la France "n'a pas été extrêmement brillante dans ce pays. Cette fois-ci il faut réussir". "L'idée c'est de réduire la Séléka dans les provinces, le moment venu. Peut-être pas tout de suite mais d'ici la fin de l'année ou le printemps 2014".

 



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