Archive

Centrafrique: massacres et crimes contre l’humanité, responsabilité collective

La prétendue "Réunion du Conseil de Sécurité sur la République Centrafricaine" initiée par la France, n'a accouché de rien

 

Pas de communiqué final. Pas d’initiative forte et claire. Pas de mise en demeure adressée au Président de Transition, Michel Djotodia, ex-chef de la Séléka, pour qu'il sévisse réellement contre les Fous de Dieu, ces bandes de tueurs. Or, plus que jamais, les islamiques venus du nord de la R.C.A. sont déchaînés. Leur barbarie n’a plus de limite. Le génocide que l’on redoutait est en train de s'accomplir. Les témoignages filmés qui passent sur You Tube sont accablants : scènes de tortures insoutenables, en direct. Mutilations. Incendies de villages. A Bozoum, c’est un champ de ruines. Des cadavres, ayant pour seuls linceuls des nattes, sont allongés, à même le sol, devant les maisons calcinées. Des Peuhls islamisés, venus du Tchad, rackettent la population. Mais celle-ci, abandonnée par un gouvernement de transition démuni, réagit et s’organise. Des unités de combats sont désormais constituées par les villageois pour résister à la bande de tueurs de la Séléka. C’est ainsi que des milices villageoises ont réussi à faire fuir les Peuhls de Bozoum.

L’U.A. a proposé une liste de sept leaders de l'organisation, y compris son porte- parole résidant en France, pour qu’ils soient interdits de voyages et que leurs avoirs soient gelés. Paris aurait opposé une condamnation de façade des tortionnaires de la Séléka.

 

Malheureusement, aussitôt alertés, des éléments de l'organisation terroriste n'ont pas tardé à fondre sur la ville pour supplicier les habitants et brûler leurs maisons. Vengeances et actes criminels continuent ainsi de frapper la population centrafricaine. Le Président de la Transition a eu beau prononcer la dissolution de la Séléka, les groupes d’assassins qui terrorisent le pays sous ce sigle n’ont jamais été aussi nombreux. On est en droit de se demander si ce gouvernement a vraiment les moyens de se faire respecter. Les comportements criminels des terroristes sur le terrain semblent démontrer le contraire... On pouvait donc attendre beaucoup de la réunion initiée par la France - et c’est tant mieux ! - pour la résolution de la crise centrafricaine.

Mais que s'est-il passé à l'O.N.U. ?
Le site d’information Inner City Press rapporte des divergences entre l’Union Africaine et la France. Cette opposition a surgi quand il a fallu énoncer, dans le communiqué final, une condamnation vigoureuse des crimes contre l’humanité commis par la Séléka en Centrafrique. L’U.A. a proposé une liste de sept leaders de l'organisation, y compris son porte- parole résidant en France, pour qu’ils soient interdits de voyages et que leurs avoirs soient gelés. Paris aurait opposé une condamnation de façade des tortionnaires de la Séléka. Or, l’article 28 du traité de Rome instituant la Cour Pénale Internationale (C.P.I.) proclame qu'"un chef militaire, ou une personne faisant effectivement fonction de chef militaire, est pénalement responsable des crimes relevant de la compétence de la Cour, commis par des forces placées sous son commandement et son contrôle effectif… » Les Centrafricains sont en droit de s’interroger. Depuis la fin de la session plénière des Nations-Unies, le monde a de nouveau détourné les yeux. La R.C.A. semble être retombée dans les abîmes de l’oubli...

Est-ce que ce n'est pas le moment, au contraire, pour la France, l’Union Africaine et l’O.N.U, d'abattre franchement les cartes afin d'engager courageusement une action internationale pour résoudre la crise centrafricaine ? Il est même temps de penser, désormais, à ce qu'il y aura après. Car ce qui est malgré tout positif dans le chaos, c’est qu’il annonce toujours l’espoir d’une reconstruction. Il faut déjà penser à la renaissance de la République Centrafricaine. Mettre fin à la rotation des mêmes politiciens en armes ou en civil qui saignent le peuple depuis si longtemps. Faire entrer dans la tête des gens qu’il existe un moyen, républicain et démocratique, d'accéder au pouvoir : il s'agit du vote. Les kalachnikovs doivent cesser de se substituer aux urnes.

Par ailleurs, c'est à la nouvelle génération qu'il faudra faire appel. Instruits et diplômés dans toutes les spécialités, les jeunes ne demandent qu’à se mettre au service de leur pays. Ils sont prêts. Ils veulent laver l’humiliation que subit leur pays depuis son indépendance. Il faudra donc initier une grande conférence, réunissant la diaspora centrafricaine éparpillée dans le monde, les cadres de la société civile centrafricaine, les représentants de toutes les couches sociales. Beaucoup parmi eux sont capables de diriger le pays. Cette grande conférence devra se tenir à Bangui, si les conditions de sécurité s’y prêtent. Sinon, à Addis- Abeba, siège de l’Union Africaine. Les amis étrangers sont les bienvenus. Excepté ceux qui viennent, attirés par les diamants et autres richesses du sous-sol.

Centrafricains: redressez la tête. Faites respecter, enfin, votre terre, votre nation. La nation bantoue.

 



Commentaire


Retour en haut