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Bangassou: plusieurs morts dans des frictions entre chrétiens et musulmans

Des affrontements entre les deux communautés ont fait 14 morts ces derniers jours en Centrafrique. Le «colonel Abdallah», qui s'était proclamé chef de la zone, a été arrêté

 

Samedi 5 octobre, à Bangassou, une ville isolée de l'est du pays située à environ 750 km de la capitale Bangui, des membres du Séléka ont soutenu militairement les musulmans de la ville pendant les affrontements. "Les quatre personnes tuées appartenaient à la communauté chrétienne", a déclaré à Reuters Mgr Juan Jose Aguirre, évêque de la ville. Les troubles ont débuté mardi 1er octobre lorsque les chrétiens ont organisé un défilé pour protester contre les exactions commises à Bangassou par les combattants du Séléka, majoritairement musulmans. "Des membres de la communauté musulmane, soutenus par le Séléka, ont fait venir des armes et ont bloqué la marche. La situation s'est envenimée et il y a eu en tout dix morts de part et d'autre. Tout est parti de là", a déclaré un responsable local de la police, Edouard Mbiga.

 


© Fundacion Bangassou
Mgr Juan José Aguirre Munoz, évêque de Bangassou, en Centrafrique
Bangui a alors dépêché sur place Crépin Mboli-Goumba, le ministre de l'Equipement et des travaux publics, venu avec des renforts. Deux réunions associant les autorités locales et la population auront suffi à endiguer le problème : une première, samedi 5 octobre, à líévêché de la ville, une seconde le lendemain à la mairie. Il faut dire que le ministre Crépin Mboli-Goumba, líenvoyé de Bangui sur place, níest pas venu seul. Accompagné du colonel Idriss Bertrand, nommé nouveau commandant de zone, les forces de l'ordre ont immédiatement procédé à líarrestation díun certain «colonel Abdallah», un homme bien connu pour ses exactions. «Bangassou, cíest líhistoire díinnombrables exactions imposées par un usurpateur qui síétait autoproclamé commandant de zone, le colonel Abdallah, explique le ministre Crépin Mboli-Goumba. La paisible population de Bangassou en a eu assez. Nous sommes donc arrivés avec des positions fermes. Abdallah répondra de ses exactions devant la sévérité de la justice de notre pays. Même les musulmans étaient les victimes de cet homme lors des barrages quíil dressait sur les routes. Notre rôle est de rétablir la sécurité et de procéder au ramassage des armes avant líarrivée des forces de la Fomac».

 


© afp
des patrouilles ont été envoyées sur place à Bossangoa
L'Union africaine envisage de déployer une force de paix de 3.600 hommes sous le nom de Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique) incorporant la force régionale de 1.100 soldats déjà présente sur le terrain. Mais la force de l'UA a peu de chances d'être opérationnelle d'ici l'an prochain. Selon des ONG et des responsables onusiens, les deux camps sont susceptibles d'avoir commis des crimes de guerre. "C'est une situation absolument épouvantable (...) il y a des exactions tous les jours, des vols, des viols, des assassinats", a déclaré dimanche sur Europe 1 le ministre français des Affaires étrangères. "Nous avons des hommes, les Africains ont également des hommes et nous sommes en train d'intervenir au niveau des Nations Unies, de l'Union Africaine et des organisations regionales pour trouver une solution, une solution de paix", a ajouté Laurent Fabius.

La République centrafricaine est plongée dans le chaos depuis que les rebelles nordistes du Séléka ont pris par la force la capitale et déposé le président élu François Bozizé en mars. L'ancienne puissance coloniale, la France rechigne cependant, à s'impliquer directement à Bangui, où elle a 450 hommes sur place. "La France veut être un facilitateur international, il n'est pas question d'intervenir comme au Mali", a insisté Laurent Fabius, en précisant qu'il se rendrait "bientôt" en Centrafrique.


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