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Seleka: nouveaux meurtres et destructions perpétrés par les rebelles

Vengeances personnelles et actions criminelles continuent à être perpétrées sous le couvert du sigle de la coalition rebelle (dissoute) Seleka

 

Ainsi que l’indique à l’Agence Fides le Père Aurelio Gazzera, missionnaire Carme, depuis Bozoum, dans le nord-ouest de la République centrafricaine, «depuis quelques temps, des hommes de la Seleka ont établi une base et des barrages à Ngutere, un village sis à 80 Km de Bozoum, sur la route reliant Bozoum à Bocaranga». Depuis leur base de Ngutere, les rebelles se rendent dans les villages voisins, surtout les jours de marché, afin de dévaliser la population. «Au nombre de ces villages, il faut citer surtout Tolle et Herba – affirme le Père Gazzera. Ce dernier se trouve au carrefour d’une route qui mène à Bohong, où les rebelles ont incendié plus de 1.500 habitations. C’est pourquoi, à Herba, la population a presque doublé avec l’arrivée des évacués de Bohong. Le village comptait 1.835 habitants».

 


© bozoumfr.blogspot.fr
Le Père Aurelio Gazzera est aussi menacé et victime
«Parmi les rebelles – poursuit le Père Gazzera – se trouve un résident de la zone, un peul, qui est particulièrement dangereux». La personne en question s’est rendue coupable d’un épisode qui démontre le niveau des menaces et des extorsions auxquelles est soumise la population. «Le 20 septembre, ce rebelle en compagnie de deux autres, s’est rendu dans le village d’Herba pour rançonner la population le jour du marché» raconte le missionnaire. «Le rebelle a rencontré un jeune du village qui avait contracté une dette envers lui voici 12 ans. Les hommes de la Seleka ont commencé à l’insulter et à le rouer de coups jusqu’à ce que mort s’ensuive».

Un certain nombre de jeunes du village a réagi au meurtre, mettant en fuite les hommes de la Seleka, après qu’ils aient blessé deux autres personnes. Les rebelles sont cependant revenus avec des renforts provenant de Ngutere et ont mis le village à feu et à sang. Sur 300 habitations présentes à Herba, 206 ont été incendiées. «Dans ces habitations, se trouvaient tous les effets personnels des habitants qui ont donc tout perdu. Le centre sanitaire a été lui aussi mis à sac. Les rebelles ont par ailleurs arrêté une voiture transportant l’un des blessés et ont tué ce dernier sur place» conclut le missionnaire qui a protesté auprès de la direction de la Seleka, demandant à ce qu’une enquête soit menée sur cet événement.


Prêtre carmélite italien, le père Aurelio Gazzera, qui travaille à Bozoum, a déclaré à l'Aide à l'Eglise en Détresse qu'il espère que la communauté internationale va réagir à la dernière attaque. Il a dit: «L'Afrique centrale est l'un des sujets actuellement en discussion à l'Assemblée générale des Nations Unies et nous espérons que cela apportera des résultats concrets, parce que la situation continue de se détériorer. Le père Gazzera, qui travaille en République centrafricaine depuis 20 ans, a été battu par des membres de Seleka le lundi 16 Septembre, lors de la visite d'une base rebelle pour demander la libération des captifs. Bien que l'alliance rebelle Seleka a été officiellement dissoute le vendredi 13 Septembre par le président Djotodia, il y a environ 25.000 rebelles Seleka dans le pays."Combien de temps est-ce l'enfer va se poursuivre? Aucune mesure concrète n'est prise qui pourrait conduire à ce que les rebelles déposent leurs armes", a déclaré le père Gazzera.

Au cours des deux dernières semaines, des affrontements entre Seleka et d'autres groupes armés dans l'Ouham Pende préfecture ont donné lieu à plus de 170.000 personnes déplacées.Selon les Nations Unies 400.000 de la population de cinq millions de la République centrafricaine ont fui leurs foyers.

 



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