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Centrafrique: le cri díalarme de la société civile aux Nations unies

Les représentants centrafricains vont plaider pour une plus grande implication de la communauté internationale et le renforcement de la force africaine

 

Ils seront quelques-uns à prendre part ce mercredi à la réunion quíorganise, la France, líUnion européenne et líUnion africaine au sujet de la République Centrafricaine à New-York. Les cinq représentants de la société civile centrafricaines et en collaboration avec des organisations internationales úuvrant en Centrafrique et/ou pour les droits de líhomme, plaideront dans les débats, pour une plus grande implication de la communauté internationale et le renforcement de la force africaine. Deux ONG françaises, le Secours catholique et le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) leur ont permis de faire ce voyage. Sur le terrain, le conflit en RCA est devenu très complexe, et les inquiétudes sont très fortes après les dernières violences dans le Nord-Ouest, notamment dans la région de Bossangoa. Líinstrumentalisation par les politiques du fait religieux revient de plus en plus dans les discours, avec une minorité musulmane qui serait défendue par la rébellion Seleka.

 


© elysée.fr
Le président français avait reçus les ONG úuvrant en Centrafrique
La Seleka vise surtout des chrétiens
Mgr Nestor Désiré Nongo Aziagbia fait partie de la délégation. Evêque du diocèse de Bossangoa, une ville du nord-ouest du pays où les combats entre milices díautodéfense et rebelles de la Seleka ont fait plus de 100 morts en septembre, il témoigne: «Il existait déjà une cohabitation difficile entre les éleveurs venus du Tchad et les agriculteurs sédentaires... Les éleveurs ne sont plus armés de bâtons mais de kalachnikov, et profitent de la situation pour faire des razzias dans les champs des paysans. Toute réaction donne lieu à des représailles violentes, les éleveurs appelant la Seleka à la rescousse pour faire la justice à leur manière. Les paysans sont abattus et les villages incendiés.» Cíest ainsi quíaprès les dernières violences, les villageois se sont organisés et sont prêts à riposter comme le raconte à RFI, Mgr Nongo-Aziagbia, líévêque de Bossangoa: «Un homme nous a dit que des éléments de la Seleka líavaient complément dépouillé. Désormais, il nía plus rien à perdre, même síil faut mourir. Parce que la dignité humaine a été complètement bafouée. De part et díautre, les exactions qui sont commises sont vraiment effroyables.» Ce sont des dizaines de milliers de personnes qui sont toujours réfugiées dans une école et líévêché. Deux lieux où les conditions de vie sont très préoccupantes. Peu de nourriture, díeau, pas díaccès au soin, les conditions díhygiène et díassainissement déplorables.

La communauté internationale doit prendre ses responsabilités
Face à la situation, la Centrafrique a besoin díaide, plaide Mathias Morouba, le président de líobservatoire des droits de líhomme dans le pays: «Le peuple centrafricain se meurt. Nous ne pouvons pas comprendre, en tant que membre de la communauté internationale, et alors que nous sommes en train de traverser des moments difficiles de son histoire, cette communauté ne puisse pas prendre ses responsabilités.» Une position que ces représentants de la société civile partagent et la défendre aux Nations unies à New York où un projet de résolution sur la Centrafrique doit être débattu. Paris veut proposer rapidement au Conseil de sécurité un projet de résolution permettant de «faire monter en puissance» la Misca, qui pourrait à terme se transformer en mission de maintien de la paix de líONU.

 



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