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Centrafrique: entre l’expectative du peuple et le bal des débatteurs sur RFI…

Par Rodrigue Joseph Prudence MAYTE, Chroniqueur, Polémiste

 

Lorsqu’on sait que la Centrafrique traîne un virus d’instabilité depuis les indépendances jusqu’à nos jours, lorsqu’on comptabilise les coups d’états, les mutineries, les rebellions, les différentes plates formes d’échanges et de débats (forum national, forum de réconciliation, dialogue national, dialogue politique, dialogue de réconciliation, dialogue politique inclusif etc) que le pays a connus, lorsqu’on inventorie les pires atrocités que le peuple centrafricain a connues à travers les régimes qui se sont succédés (base balawa, base karako, banyamulenge, mercenaires tchadiens, soudanais et seleka), lorsqu’on sait que la Centrafrique dispose un sous développement structurel viscéral, lorsqu’on sait que le pays a un manque de maturation politique, lorsqu’on croit qu’il faut nécessairement un renouvellement de l’élite dans le pays, lorsqu’on sait que la politicaillerie centrafricaine est truffée des transfuges et des briscards qui grignotent à tous les râteliers, lorsqu’on sait que les crises récurrentes du pays ont à la fois une cause exogène et endogène…

 


© journaldebangui.com
Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
Alors il faut admettre que le pays sombrera toujours dans le chaos tant que les hommes politiques centrafricains continueront à s’offrir en spectacle tout en occultant l’essentiel. En passant au crible de la raison le débat africain du dimanche 22 Septembre 2013 sur la Centrafrique, on constate que les hommes carrés deviennent ronds dans leurs discours. Une reculade stratégique et une procrastination ambivalente qui arriment inéluctablement l’expectative du peuple centrafricain. A coups de rustines, on assiste à un bricolage de la langue de Molière chez certains intervenants visant à épuiser lamentablement leurs temps de parole. Là où le bât blesse, ces intervenants décousus représentent des entités nobles qui font partie intégrante des forces vives de la nation. Manifestement, tous les intervenants sont restés terrer dans leurs anfractuosités et ils présentent des caractéristiques de clivages non négociables. Une attitude désopilante qui alimente avec outrecuidance l’actuel débat sur la mise sous tutorat onusien de la Centrafrique. Une polémique qui n’est rien d’autre que la résultante du manque de maturation politique en Centrafrique.

Au lieu que les hommes politiques centrafricains continuent toujours de se bouffer le nez en s’accusant à tour de bras, ils feraient mieux de s’accorder sur l’essentiel en vue de mettre fin à cette crise à répétition. A l’instar d’une plante de citrouille, la crise centrafricaine dispose plusieurs ramifications et il serait souhaitable de la solutionner en profondeur. Déjà, plusieurs Centrafricains souhaitent un forum républicain pour décrisper totalement la crise. Certains Centrafricains proposent que l’ONU contrecarre la candidature de tous les leaders politiques impliqués de près ou de loin dans les différentes crises que le pays a connues durant les prochaines échéances électorales. Une telle disposition mettra non seulement un terme aux ambitions personnelles et carriéristes des fauteurs de troubles mais permettra également au peuple centrafricain d’espérer une renaissance politique. Il y’a un adage africain qui dit: «Pour tuer une famille de lion, il faut toujours commencer par la mère». Peut-être qu’en écartant politiquement tous ces leaders assoiffés, le pays décollera définitivement.

 



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