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Dieudonné Salamatou: «une transition apaisée et des élections justes et démocratiques»

Telle est la promesse faite par le ministre conseiller diplomatique à la présidence de la République Centrafricaine

 

Participant d'une série de réunions de crise organisée à l'heure actuelle par les nouvelles autorités centrafricaines, M. Salamatou, ministre conseiller diplomatique et aux organisations internationales fait part d'un projet de texte constitutionnel disposant que "toute élection qui n'est pas transparente et juste est assimilable à une prise du pouvoir par les armes".

Monsieur le ministre, quel est le message en tant que conseiller diplomatique et aux organisations internationales du président Djotodia que vous adressez à la communauté internationale aujourd'hui sur la crise centrafricaine?
La République centrafricaine est un pays souverain qui a eu son indépendance depuis plus d'un demi-siècle. Nous sommes à la recherche de notre démocratie. La RCA ne peut pas être un pays dont son peuple est attentiste, mais un peuple qui est dynamique. Avec la prise du pouvoir du 24 mars 2013 que nous saluons tous, des mesures tant institutionnelles que réglementaires ont été prises pour que nous allions vers des élections transparentes, justes et démocratiques. Nous allons demander qu'on nous mette dans la Constitution que toute élection qui n'est pas transparente et juste est assimilable à une prise du pouvoir par les armes. Ce qui s'est passé sous le régime Bozizé, c'était vraiment une honte. Ce n'était même pas des élections qui étaient organisées.

 


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Monsieur Dieudonné SALAMATOU
Donc, face à cela le peuple a pris ses responsabilités et nous avons assisté à un changement. Compte tenu des contraintes qui nous sont faites et des prescriptions de la communauté internationale, d'ici dix-huit mois nous irons aux élections, mais la transition se fera d'une manière apaisée. Et la RCA est un pays laïc, comme le président Djotodia le dit souvent. On ne peut pas accepter qu'il y ait la division, qu'il y ait des guerres confessionnelles dans notre pays. Il y a certains médias qui s'accaparent d'une situation pour jeter l'anathème sur telle ou telle personne. Mais nous en République centrafricaine, nous sommes sereins, nous savons où nous allons. Nous irons vers une élection juste et démocratique.

Le retour de l'aide extérieure est conditionné par la tenue de ces élections. Comment la République centrafricaine aujourd'hui fait pour payer les salaires des fonctionnaires et gérer les affaires courantes?
Vous savez, il y a une situation sécuritaire et une situation humanitaire. Pour la situation sécuritaire, des efforts ont été faits par le président de la République, Michel Djotodia Am Nondokro, pour pacifier l'ensemble du territoire centrafricain. A l'heure où je vous parle, Bangui est totalement pacifiée et nous avons avançons pour pacifier l'ensemble du territoire. Le président a donné des instructions fermes aux forces de l'ordre et à l'administration pour cela. Nous commençons à vivre la paix en République centrafricaine. En ce qui concerne les conditionnalités des aides, nous ne pensons pas que l'aide soit conditionnée par les pays amis. Nous avons des pays amis qui nous aident. Par exemple dans la sous-région, nous avons la CEMAC [Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale, NDLR] qui a pris ses responsabilités sur le plan sécuritaire et sur le plan humanitaire. c'est petit à petit que la communauté internationale est en train de revenir vers nous.

Parlant de la CEMAC, quel est l'état de déblocage des financements annoncés pour soutenir les efforts de rétablissement de la sécurité et surtout la mise en úuvre du désarment des ex-rebelles de la Séléka, d'autres mouvements politico-militaires et des groupes armés qui opèrent dans le pays?
La CEMAC a fait des efforts, notamment elle a créé un Fonds de soutien pour la sécurité en République centrafricaine. Il y a 25 milliards (de francs CFA, 50 millions de dollars, NDLR) qui ont été annoncés. Il y a des pays ont souscrit à leurs quotes-parts. A l'heure où je vous parle, les dispositions sont prises par les autres Etats pour que le budget établi soit totalement mobilisé.

Vous vous parlez des engagements pris lors du dernier sommet des chefs d'Etat et de gouvernement en juin à Libreville au Gabon ? Quel est le niveau de la mise à disposition de ces fonds?
Une partie de cet argent a été débloquée. Nous avons un pays frère et ami qui est le Tchad dont nous louons l'engagement et qui a fait un effort colossal malgré ses multiples obligations nationales. Il nous a aidés par l'envoi des hommes pour sécuriser le pays et des aides sous plusieurs formes. Il y a le Cameroun qui est un pays responsable, un pays frère qui a toujours été à nos côtés et qui nous a aidés. Nous avons la République súur du Congo avec le président Sassou Nguesso qui a vraiment úuvré pour que la paix revienne, qui a aussi souscrit à ce fonds et qui prend les problèmes centrafricains aussi à bras-le-corps. Nous avons toujours dans la sous-région le président de la Guinée équatoriale aussi qui très attentionné par le problème centrafricain, qui a aussi souscrit. Nous avons le Gabon par le président Ali Bongo qui a aussi fait des efforts. Donc, au niveau de l'Afrique centrale nous sommes vraiment entourés.

A combien s'élèvent aujourd'hui les effectifs de la Force multinationale de l'Afrique centrale déployée par la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale, la CEEAC?
Il y a 2.500 hommes qui sont attendus. Les trois quarts de ces soldats-là ont été pourvus. On va passer même peut-être en vitesse, parce qu'il y a d'autres initiatives qui parlent de 3.500 hommes. Tout cela, c'est la volonté des chefs d'Etat, de la communauté internationale, les choses s'affinent de mieux en mieux.

Que dites-vous des actes de pillage, de vol, d'agression, d'assassinat et d'enlèvement qui continuent d'être signalés çà et là?
Le chef de l'Etat a condamné sans ambages ces pillages, ces assassinats et ces vols. Ce sont des crimes crapuleux qu'il faudrait combattre et on ne peut pas laisser la place à l'impunité. Récemment, nous avons eu des procès, seize éléments de la Séléka ont été condamnés à huit années de prison et le chef de l'Etat a été ferme en prenant la décision de dissoudre la Séléka. Il a averti que tout individu qui se prévaudra de la Séléka sera considéré comme un hors-la-loi et sera exposé à des peines. Les gens ont été Séléka, c'était pour changer un ordre.

 



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