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Bozoum: un religieux menacé de mort par un officier de l’ex Séléka

Le curé de l’église catholique de Bozoum, le Père Aurelio Gazzera, s’est fait giflé par un officier de l’ancienne rébellion de la Séléka, le lundi 16 septembre

 

Le religieux s’est rendu à la base de ces hommes armés, afin de les supplier de libérer un jeune qu’ils ont arrêté et torturé, exigeant à ses parents de payer une somme de 150 000 FCFA, avant sa libération. D’autres cas d’arrestations arbitraires et de maltraitance ont été également signalés. D’après les faits rapportés par le Père Aurelio, les éléments de l’ancienne coalition de la Séléka ont arrêté un jeune homme, le fils d’une veuve, celle-ci est venue «me prier de faire quelque chose pour son fils. Le jeune homme possédait un fusil artisanal, qu’il a remis au chef de quartier, Mais il a été arrêté, ligoté et torturé. Il a perdu un œil et ses bras sont immobiles (…) Les hommes de la Séléka demandent 150 000 FCFA».

 


© bozoumfr.blogspot.fr
Le curé de la paroisse de Bozoum
Le curé poursuit le récit en faisant savoir qu’il s’est rendu à la base de ces hommes en arme. Une fois arrivé, il a demandé à voir l’officier de cette coalition. «J’étais en train d’attendre, quand d’autres éléments de Séléka sont arrivés et ils m’ont menacé en disant qu’ils vont me tuer», a-t-il relaté. «Le colonel est arrivé. On s’est assis et on a commencé à discuter. Je lui ai dit que je suis venu parler de ces abus, tout en lui expliquant ce qui s’était passé. Il a répondu que c’est leur travail».

«Je lui ai alors dit que ce n’est pas leur travail d’arrêter les gens et surtout de les taper. Il a dit qu’ils sont des militaires, donc ils peuvent faire ce qu’ils veulent. J’ai demandé la libération d’un des détenus qui est gravement malade, mais il a refusé. C’est à ce point qu’un autre colonel, est arrivé, en criant qu’il allait me tuer. Que je n’avais pas le droit de venir plaidoyer pour les gens. Il m’a menacé avec son arme, et puis il m’a giflé (…)», a témoigné Père Aurelio.

Cependant, d’autres cas d’arrestations et de tortures ont été enregistrés dans la localité, d’après des témoins. Un jeune de 25 ans, qui a été arrêté à Bocaranga par la Séléka pour une question d’argent «dans laquelle il n’était pas concerné» a été transféré à Bozoum. Les hommes en arme l’ont gardé ligoter pendant 11 jours, où il subissait des tortures. Par la suite il a perdu un œil et ses bras sont paralysés. Pour le faire sortir et l’amener à l’hôpital, la famille a dû payer une somme de 90 000 FCFA, a témoigné des sources. Ces sources ont mentionné que beaucoup de personnes croupissent depuis plusieurs temps, derrière les cellules créées par la Séléka. Ces dernières subissent au quotidien des coups de fouets et toutes sortes de tortures.

 



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