Archive

Michel Djotodia: «nous avons besoin d'aide»

La Centrafrique, selon le président de la transition est confrontée à deux défis urgents

 

Ces défis sont la sécurité et la situation humanitaire. C'est pourquoi, il réclame l'aide internationale pour son pays en proie au chaos, dans une interview parue ce jeudi 19 septembre 2013 dans le quotidien français Libération. Nous avons deux défis à résoudre dans un temps très court: la sécurité et l'aide humanitaire, qui sont liées, déclare M. Djotodia. Sa ministre des Affaires étrangères Léonie Banga Bothy réclamera à nouveau une aide internationale à New York mercredi 25 septembre prochain, lors d'une réunion à l'ONU sur la Centrafrique, où elle soulignera aussi nos intentions en matière de respect des droits élémentaires, précise-t-il. Quant à la sécurité, qui s'améliore à Bangui, elle s'est encore dégradée dans l'arrière-pays avec l'apparition de groupes nébuleux qui ont mené plusieurs attaques début septembre, selon lui. Il évoque des musulmans brûlés vifs dans une mosquée du nord-ouest, à Bossangoa et à Bouca. En tuant des musulmans, on veut nous entraîner dans une guerre civile confessionnelle, estime-t-il, visant l'ex-président François Bozizé, renversé le 24 mars et réfugié à Paris.

 


© LNT
Mais pour le premier président musulman d'un pays majoritairement chrétien, les tensions entre communautés religieuses n'ont pas de réalité en Centrafrique, ça ne marchera pas. Il se défend d'être un islamiste, rappelant que sa mère est chrétienne. Si nous avions voulu imposer un régime islamiste, ça se serait vu très vite, dit-il. Des combats dans l'ouest entre forces du nouveau régime et partisans de François Bozizé ont fait au moins 100 morts en septembre. Plusieurs ONG, dont Human Rights Watch (HRW), ont dénoncé des exactions des deux camps, dont les anciens rebelles de la coalition Séléka ayant conduit M. Djotodia au pouvoir.

Ce dernier a ordonné vendredi 13 septembre 2013, la dissolution du groupe Séléka, qui comptait 5.000 hommes en décembre puis a gonflé jusqu'à 22.000 hommes au moment de la prise de Bangui. Si on les chassait tous d'un coup, ce serait le chaos. Il faut les désarmer, ce qui est en train de se faire, puis réintégrer dans la nouvelle armée nationale ceux qui le souhaitent, explique-t-il. Quant à ceux qui ont commis des exactions, ils seront jugés. L'impunité, c'est finie, promet-il. M. Djotodia assure également que la transition durera 24 mois au maximum, comme le demande la communauté internationale. "Après, il y aura des élections et ni moi ni aucun membre de mon gouvernement ne serons candidats".


 



Commentaire


Retour en haut