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RCA/Cameroun: une ville frontière en état de siège?

Les autorités sécuritaires camerounaises viennent de reconfigurer, en urgence, le dispositif sécuritaire de la ville de Garoua Boulaï victimes des attaques sporadiques de la Séléka

 

Côté Cameroun, les consignes sont claires: «assurer le maintien de l'ordre et la sécurité dans cette localité», précise une source sécuritaire. Cíest ainsi que la ville de Garoua Boulaï, située dans le département du Lom et Djerem (Est), à la frontière du Cameroun avec la République centrafricaine a vu arriver, il y a quelques jours un contingent de 200 jeunes gendarmes, bien armés, à bord de cinq camions. Des éléments du Groupement mobile d'intervention (Gmi) et du Bataillon d'infanterie motorisé (Bim), bien équipés en armement, ont également été déployés dans des coins stratégiques de la frontière, qui a rouvert depuis quelques jours. Selon des sources citées par le quotidien Mutations, des agents des services de renseignements, notamment ceux de la Direction de la Surveillance du territoire et de la Dgre, ont infiltré la population, à côté de l'action des éléments du Bataillon d'intervention rapide (Bir), lourdement armés, qui sillonnent les secteurs sensibles de la localité.

 


© mycombi.net
Des éléments du Bir (Cameroun) défilent
Ce dispositif sécuritaire fait suite aux multiples revendications des centaines de Centrafricains logés dans le camp du Haut-commissariat des réfugiés (Hcr) de Nadoungué, situé à 35 km de Garoua Boulaï. Vendredi 30 août, le Préfet du Lom et Djerem, Iréné Galim Ngong est allé les rencontrer pour «écouter leurs doléances et leurs plaintes». Mais, la plus haute autorité administrative de cette circonscription s'est fait huer par les réfugiés qui ont refusé de l'écouter. Certains d'entre eux brandissaient des pancartes sur lesquelles il était inscrit, entre autres, des messages: «On veut quitter le Cameroun», «on a marre du Cameroun [...] On veut rentrer mourir chez nous». En effet, ces derniers, logés dans le camp du Hcr depuis mars, dénoncent le mauvais traitement dont ils feraient l'objet. Ils ont déclaré au Préfet qu'ils ne mangent pas bien. Les droits et avantages dont ils doivent bénéficier d'après la convention de Genève ne seraient pas pris en compte par les autorités.

 


Une rue de la ville de Garoua Boulaï à l'Est du Cameroun
Par la même occasion, ils dénoncent des abus sur leurs épouses et exigent la scolarisation de leurs enfants pour la rentrée scolaire au Cameroun. La marche qu'ils ont initiée mardi 27août en direction de Bertoua visait donc à exprimer aux autorités camerounaises leur ras-le-bol face à ce qu'ils considèrent comme des injustices.

Etat de siège
Mais, ils ont été stoppés par les forces de l'ordre à l'école publique de Zembé Borongo. Actuellement, certains d'entre eux, sont rentrés dans le camp du Hcr pendant que d'autres sèment encore le trouble dans la ville. Et des sources font savoir que ces réfractaires seraient des éléments de la Séléka infiltrés parmi les réfugiés. Ils profitent de la situation pour semer la confusion au sein des la communauté. Ils seraient, aux dires de certains, des indics de la Séléka, dont la mission principale serait de garder un úil vigilent sur les éléments des forces armées centrafricains restés fidèles au Président déchu François Bozizé.

Avec une ville de Garoua Boulaï pratiquement en état de siège, la rentrée scolaire au Cameroun semble d'ores et déjà hypothéquée dans le Lom et Djerem et particulièrement dans le village Zembé Borongo, dont l'école est toujours occupée par une partie des refugiés.


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