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Bangui: Mgr Dieudonné Nzapalainga, face à líanarchie centrafricaine

Le rôle de líarchevêque de Bangui apparaît de plus en plus capital pour éviter le pire, alors que la Centrafrique sombre dans le chaos

 

La foule était en colère, mardi 27 août, à líaéroport de Bangui. Fuyant les exactions des éléments de la Séléka, líex-rébellion au pouvoir depuis le 24 mars, environ 3000 Centrafricains, selon des témoins, síétaient réfugiés à líaéroport international : terrorisés et excédés par le comportement des ex-rebelles qui, sous le couvert díune opération de désarmement, les pillent et les violentent (au moins 11 morts parmi les civils). Alerté, líarchevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, se rend aussitôt sur place, traverse les barrages, gagne la piste, écoute les revendications de la population. Sa présence rassure les déplacés. Il est connu pour être un homme de paix, un homme qui ne recule pas devant la menace des armes pour apporter, au plus fort des accrochages, là de líaide aux civils, ici de la nourriture et de líeau.

 


© Stéphane Ouzounoff/Ciric
Mgr Dieudonné Nzapalainga, Archevêque de Bangui
Ce jour-là, il écoute les revendications de la foule. «Elle se sentait plus en sécurité sur la piste de líaéroport que dans ses quartiers, explique àLa Croix líarchevêque. Je leur ai demandé de nommer un comité chargé de les représenter. Ensemble, nous sommes allés rencontrer le chef de la Mission internationale de soutien en Centrafrique (Misca), la force panafricaine déployée en Centrafrique. Ce dernier síest engagé à envoyer ses hommes dans leurs quartiers. Et jíai obtenu que le président Djotodia reçoive ce comité, jeudi.»

Mgr Nzapalainga sait se faire entendre
Comme le montre ce dernier épisode, Mgr Nzapalainga sait se faire entendre pour le bien de son pays. Né le 14 mars 1967 à Mbomou dans le diocèse de Bangassou (sud de la RCA), Dieudonné Nzapalainga est prêtre de la congrégation des spiritains. Titulaire díune licence de théologie obtenue à Paris au Centre Sèvres (jésuite), il a vécu en France entre 1998 et 2005 : tour à tour aumônier des orphelins de la Fondation díAuteuil et vicaire paroissial de Saint-Jérôme à Marseille. Il rentre ensuite en RCA prendre la direction régionale des pères spiritains.

Mais líÉglise centrafricaine est secouée par une grave crise, plusieurs évêques sont démis par Rome. En 2009, il est nommé administrateur apostolique de Bangui après la démission de Mgr Paulin Pomodimo. Et le 14 mai 2012, le pape Benoît XVI le choisit pour devenir archevêque de Bangui. Moins díun an plus tard, alors que la RCA sombre dans le chaos et la violence (líONU estime que 1,6 million de Centrafricains sur 4,5 millions díhabitants ont besoin díune aide díurgence et 206 000 sont déplacés pour fuir la violence des bandes armées), il est aujourdíhui líun des rares à intervenir efficacement pour le bien des Centrafricains.

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