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Bangui: l'aéroport international en partie évacué

Des soldats français et la force africaine en Centrafrique (Misca) continuent de surveiller líemprise de líaéroport assiégé par les jeunes banguissois

 

La Misca et les forces françaises "qui assurent la sécurité de l'aéroport, ont tenté en vain toute la journée de mercredi de convaincre les habitants de libérer la piste d'atterrissage", a indiqué une source, sous couvert d'anonymat. "Ils ont finalement fait usage de gaz lacrymogène pour les faire déguerpir" dans la nuit de mercredi à jeudi, a affirmé cette source. "La piste est désormais dégagée", même si plusieurs centaines d'habitants ont refusé de quitter l'aéroport et restent installés à proximité sur le tarmac, sur les aires de stationnement des avions. "Il n'y a pas encore de vol. Par mesure de sécurité, le vol d'Air France prévu pour arriver à 7H00 locales est repoussé à 21H00", toujours selon la même source.

 


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Les forces françaises maintiennent les habitants à distance
Toujours de même source, plusieurs dignitaires religieux dont l'Archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, venus sur place mercredi pour tenter une médiation, "ont été obligés de quitter les lieux" devant l'afflux des déplacés vers l'aérogare. Selon une source gouvernementale, le président de transition Michel Djotodia a accepté de recevoir jeudi des représentants de ces déplacés, en majorité des habitants du quartier Boeing, qui jouxte l'aéroport international dans le nord de Bangui. L'insécurité règne dans ce quartier, considéré comme un fief de l'ancien président François Bozizé, et plus généralement dans tout le nord de la capitale, où les ex-rebelles du Séléka (aujourd'hui au pouvoir) sont accusés d'exactions contre les populations locales.

Face aux violences et à la colère de la population, hier mercredi, le président Michel Djotodia a interdit aux combattants qui l'ont porté au pouvoir de participer aux opérations de maintien de l'ordre. Les ex-rebelles, qui ne répondent le plus souvent qu'à leur commandant direct, se plieront-ils à cette volonté? Les déclarations de bonnes intentions des autorités sont jusque-là restées lettres mortes. Transfuge de l'ancien régime, le ministre de la sécurité, Josué Binoua, se dit prêt à relever le défi, mais souligne l'indigence de ses moyens: «Nous avons recensé 5 600 policiers et gendarmes. Mais les commissariats sont cassés et nous n'avons ni véhicule, ni moyen de communication, ni arme non létale.»

Les 400 soldats français stationnés dans une base adjacente de la piste de l'aéroport de Bangui ont peut-être entendu les manifestants avant qu'ils ne soient évacués réclamer leur déploiement dans la ville. Selon un témoin, cité par le site LeMonde.fr, vendredi 23 août, après les violences survenues dans le quartier de Boy-Rabé, François Hollande, lors de la réunion avec les ONG, aurait regretté de ne pas avoir donné l'ordre d'intervenir aux militaires français.

Quelque images de líaéroport ce jeudi matin.

Communiqué de presse de la jeunesse paysanne révolutionnaire

 



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