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Centrafrique: C’est déjà le désenchantement!

En un peu plus de cinq mois, les successeurs de François Bozizé peinent à remettre la Centrafrique en ordre de progrès

 

Pire, la situation sécuritaire s’est un peu plus dégradée, depuis que les hommes de la Séléka règnent en maîtres dans le pays. Vols, viols, crimes et autres formes de violations s’y perpètrent au quotidien. Echappant à tout contrôle et n’obéissant qu’à un instinct qui les prédispose à la violence, les hommes de Michel Djotodia y font régner la barbarie. Mais le plus ahurissant dans une telle situation, c’est le silence qui entoure ces exactions. La presse se détourne de ce drame humanitaire dirige ses projecteurs vers des foyers de tension pas nécessairement plus préoccupants. La communauté internationale (celle africaine au premier rang) dont on sait qu’elle avait fait montre de passivité coupable en faveur de la rébellion, continue d’ignorer cette réalité qui heurte les consciences.

 


© REUTERS/Luc Gnago
Les populations n'en peuvent plus!!!
Un silence que le président François Hollande a dénoncé mardi 27 août à la faveur de la conférence avec les ambassadeurs de la France accrédités dans le monde. Une dénonciation qui, à n’en a pas douter, est une reconnaissance implicite de la déception qu’inspirent les hommes de la Séléka. Une rébellion qui, on le sait, s’était présentée comme une alternative crédible au pouvoir de François Bozizé. Au point que l’argumentaire avait tapé dans l’œil de la communauté internationale. C’est ainsi que la France notamment avait fait la sourde oreille face aux appels de détresse émis par le régime en fin de règne. De même, Idriss Déby Itno avait fini par retourner sa veste au profit de la rébellion. Seule l’Afrique du sud s’était engagée pour une cause qui était déjà perdue...

Un peu plus de cinq mois après, les soutiens passifs de la Séléka semblent désabusés. Le miracle promis n’est pas là. Au contraire, c’est le peu de sécurité qui régnait notamment dans la capitale Bangui qui a foutu le camp. Et le comble c’est que ce sont les hommes de la Séléka, eux-mêmes, qui sont à la base des horreurs que l’on vit au quotidien en République centrafricaine. Refusant de se laisser caserner et se constituant en de multitudes milices plus ou moins autonomes, ils se sont réparti le pays en des carrés que chaque groupe commande selon ses humeurs. Conséquence? On tue, viole, vole et brutalise à ciel ouvert et en toute impunité.

Reclus dans sa tour d’ivoire, le président de la transition, Michel Djotodia commande pour les honneurs et le prestige liés au pouvoir. Il a conscience de la délicatesse de la situation mais ne semble pas en mesure d’y mettre fin. En fait, il est lui-même pris en otage par ces propres hommes. Il est l’instrument qui, implicitement, cautionne leurs ignobles actes. Pour sa part, la communauté internationale, visiblement gênée par un tel résultat demeure hésitante. Pour elle, dénoncer ouvertement les dirigeants actuels de la Centrafrique reviendrait à se remettre en cause soi-même, dans la mesure où elle a indirectement favorisé la chute de Bozizé. Alors qu’adopter l’attitude du spectateur passif face au drame humanitaire et aux multiples violations des droits humains en RCA reviendrait tout simplement à manquer de responsabilité.

 



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