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Centrafrique: la présence díun ministre soudanais gêne líUE

Abdel Raheem Muhammad Hussein, ministre soudanais de la Défense avait assisté à líinvestiture du président Djotodia à Bangui le 18 août dernier

 

Une dizaine de jours après la prestation de serment du président Michel Djotodia, líaffaire défraie la chronique. En effet, la Commission européenne a exprimé hier mardi sa préoccupation sur la visite du ministre soudanais de la Défense, Abdel Raheem Muhammad Hussein, en République centrafricaine. Ce dernier avait assisté le 18 août dernier à l'investiture du président centrafricain Michel Djotodia à Bangui, en représentant le chef de l'Etat soudanais Omar el-Béchir. Cette cérémonie avait surtout réuni les présidents tchadien et congolais, Idriss Déby et Denis Sassou Nguesso.

 


© journaldebangui.com
Mme Ashton de l'UE et Abdel Raheem Muhammad Hussein, ministre soudanais de la Défense
Dans une déclaration, la Haute Représentante de l'Union européenne (UE) pour les affaires étrangères et la politique de défense ainsi que la vice-présidente de la Commission européenne, Mme Catherine Ashton, a surtout souligné la préoccupation de l'UE vis-à-vis de la «non-application du mandat d'arrêt» contre Abdel Raheem Muhammad Hussein. Ceci constitue, díaprès la commission, une violation des obligations de la République centrafricaine en tant que partie au Statut de Rome. «L'UE est un fervent partisan de la Cour pénale internationale (CPI) en tant qu'instrument précieux dans la lutte contre l'impunité pour les crimes les plus graves qui touchent la communauté internationale», a-t-elle affirmé.

Díaprès jeuneafrique.com, la présence de ce proche de Omar el Béchir à Bangui intervient alors que relations entre la RCA et son voisin soudanais font l'objet de nombreuses interrogations. Si un soutien de Karthoum au régime de Bangui níest pas totalement avéré, la présence de soldats de nationalité soudanaise dans líentourage du président de la transition, Michel Djotodia, perturbe les capitales de la sous-région. Dans un rapport du Pentagone daté du 2 juillet et classé Top Security N°1, les États-Unis se sont également inquiétés d'une influence soudanaise (et, indirectement, iranienne) sur l´ex-rébellion Séléka.

Abdel Raheem Muhammad Hussein et quatre autres dignitaires soudanais sont, depuis mars 2012, sous un mandat d'arrêt de la CPI, qui les accuse pour sept chefs de crimes contre l'humanité ( persécution, meurtre, transfert forcé, viol, actes inhumains, emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté et torture) et six chefs de crimes de guerre (meurtre, attaques contre la population civile, destruction de biens, viol, pillage et atteintes à la dignité de la personne) perpétrés lors de la crise de Darfour en 2003 et 2004.

La CPI est entrée en fonction en juillet 2002, sur la base du Statut de Rome adopté en juillet 1998 dans la capitale italienne. Depuis certains temps, elle est souvent mise en cause par des pays africains pour ne viser que des Africains jusqu'à présent.

 



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