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Boy-Rabe: le pasteur Pascal Guerekoyame contre les exactions de la Séléka

Il est le président de l’association des églises évangéliques de Centrafrique, il condamne les actes et appelle à un retour rapide à la normale

 

L’intervention du pasteur Pascal Guerekoyame fait suite à celle de l’archevêque de Bangui, Monseigneur Dieudonné Nzapalaïnga. Les deux religieux, sont les seules personnes qui dénoncent aujourd’hui sans crainte, les exactions de la Séléka, sur la population civile. Sans se voiler la face, le religieux pointe directement du doigt accusateur, le président de la transition, Michel Djotodia, d’être à l’origine des actes chaotique de la Séléka dans ce quartier, réputé proche de l’ancien régime Bozizé. De son côté Michel Djotodia a décliné la responsabilité de cette opération. Mais pour le pasteur Guerekoyame, «[i s’il disait implicitement aux éléments de se retirer, ça veut dire que quelque part, l’ordre a été donné au gens pour qu’ils envahissent le quartier Boy-Rabe. On ne peut pas ne pas donner des ordres et après demander aux gens Les éléments de la Séléka, (NDLR) de se retirer». Le pasteur pense que le cap du dérapage, du pire est déjà atteint, donc, «il faudrait maintenant que les gens se retirent, pour laisser au moins le temps à la paisible population de souffler».

 


© RJDH-RCA
Le Révérend pasteur Pascal Guerekoyame
« Le chef de l’Etat… qu’il prenne ses responsabilité»
Le révérend Pascal Guerekoyame de suggérer, «si c’est le chef de l’Etat qui a donné l’ordre, si ce n’est pas lui qui a donné l’ordre, qu’il prenne ses responsabilités, après qu’il ait été investi de tous les pouvoirs d’un chef de l’Etat de transition, garant de la sécurité physique des populations, qu’il prenne ses responsabilités maintenant pour demander à ceux qui ont assiégé le quartier de Boy-Rabe et les environs, qui sont menacés en ce moment, de pouvoir libérer les populations».

En ce qui concerne les récentes déclarations du ministre d’Etat à la réconciliation nationale, Christophe Gazam-Betty, accusant les habitants de Boy-Rabe d’être des partisans de l’ancien régime, de vouloir préparer une guérilla urbaine, le religieux a fait savoir que «[i le ministre ne mesure pas la portée de la charge que le gouvernement lui a confié. Le ministre d’Etat doit comprendre qu’en plus de son appartenance politique, en plus de son appartenance au gouvernement, il a une responsabilité de proximité, avec les populations, parce que lorsqu’on parle de réconciliation, elle ne peut que se faire entre deux protagonistes: Ceux qui ont brutalisé et ceux qui se sentent brutalisés. S’il [le ministre d’Etat à la réconciliation nationale, NDLR] se met beaucoup plus du côté de ceux qui ont brutalisé, comment il va faire passer son message à ceux qui se sentent brutalisés?»

Pendant ce temps, la tension reste toujours vive dans le quartier de Boy-Rabe. On annonce vers la mi-journée que les hommes de la Séléka ont fait incursion dans la localité de Cité Jean XXIII. Un proche de l’ancien président Bozizé aurait été égorgé, en public.

 



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