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Bangui: líopération de désarmement des civils vire au drame

Au moins une dizaine de morts ont été enregistrés à la suite des tensions survenues au quartier Boy Rabe

 

Les éléments de la coalition Séléka avaient assiégé depuis dimanche le quatrième arrondissement de la capitale Bangui pour désarmer des jeunes civils soupçonnés de disposer des armes distribuées par le président déchu François Bozizé. Une opération qui a duré plus de 72 heures avec comme bilan, au moins une dizaine de personnes ayant trouvé la mort a révélé mercredi soir à un infirmier à l'Hôpital Communautaire à Bangui. De 6h00 à 10h00 du mercredi 21 août matin, l'Hôpital Communautaire a reçu des dizaines de morts et des blessés dont certains ont quitté le lieu, selon cet infirmier qui a requis l'anonymat. Selon les témoins, certains morts ou blessés ont été transportés dans l'Hôpital de l'amitié, un autre des deux grands centres de santé de la capitale centrafricaine. «Six corps ont été déposés à la morgue de líhôpital de líAmitié et cinq à celle de líhôpital communautaire. Quatorze blessés ont également été admis à líhôpital de líAmitié et 21 à l'hôpital communautaire, dont certains dans un état grave», déplore-la source hospitalière.

 


© ugo.cn/photo
Hôpital communautaire de Bangui
Selon une source militaire síexprimant sous couvert de líanonymat, ce drame est le résultat «des opérations de désarmement forcé» actuellement en cours «dans les secteurs de Boy-Rabé au nord et ses environs, et de Boeing dans la zone de líaéroport». « Il y a eu des tirs díarmes légères et lourdes effectués par les ex-combattants du Séléka. Il y aurait eu des affrontements à certains endroits», poursuit cette même source. Si le ministre centrafricain de la Sécurité publique, M. Noureldine Adam, a appelé le 19 août dernier les habitants pro-Bozizé du 4e arrondissement de Bangui à déposer leurs armes, jusqu'ici aucune autres déclaration n'a été faite par le gouvernement centrafricain.

Autour du quartier Boy-Rabe, par contre, les hommes de la Séléka y ont déployé un important dispositif militaire, et ont verrouillé les ruelles y menant. Tout passant encore aujourdíhui doit se soumettre à des fouilles. Les habitants ont quitté pour trouver refuge dans les quartiers environnants. Ce quartier est soupçonné d'être pro-Bozizé par les leaders de la Séléka, dont le leader de la Séléka, Michel Djotodia, a prêté serment le 18 août à la tête d'un gouvernement de transition de 18 mois. Boy Rabe, poche de résistance, a pratiquement toujours été le théâtre de plusieurs fusillades depuis líarrivée de la Séléka dans la ville de Bangui le 24 mars et le renversement du président François Bozizé. La radio nationale a rapporté que le chef rebelle devenu président, Michel Djotodia, avait convoqué une réunion d'urgence mercredi après-midi avec des dirigeants locaux.

 



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