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Centrafrique: Michel Djotodia devient le 6ème président de la République

La cérémonie du 18 août ouvre officiellement la période de transition de 18 mois devant mener à des élections

 

Les présidents, congolais Denis Sassou Nguesso, médiateur dans la crise centrafricaine, et tchadien, Idriss Déby Itno, président en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) ont honoré de leur présence la cérémonie du Palais du Peuple de Bangui. Cette prestation de serment clôt l'organisation du dispositif institutionnel de transition, après la création d'un Parlement provisoire (le Conseil national de transition, CNT), et d'une Cour constitutionnelle de transition, dont la mise en place avait été réclamée par les chefs d'Etat de la CEEAC lors d'un sommet en avril 2013 pour donner une assise juridique au nouveau régime.

 


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La prestation du président de Transition Michel Djotodia de la République Centrafricaine
"Moi, Michel Djotodia Am Non Droko, je jure devant Dieu et devant la nation, d'observer scrupuleusement la charte constitutionnelle de transition, de garantir l'indépendance et la pérennité de la République, de sauvegarder l'intégrité du territoire, de préserver la paix, de consolider l'unité nationale, d'assurer le bien-être du peuple centrafricain, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge, sans aucune considération d'ordre ethnique, régional, religieux et professionnel", a déclaré le nouveau dirigeant. Les mots et líengagement de ce 18 août ouvrent une période 18 mois au terme de laquelle M. Djotodia s'est engagé à organiser des élections générales. "J'exhorte la classe politique centrafricaine à faire preuve de responsabilité en observant une trêve pendant cette période de transition", a-t-il dit. En effet, dans un communiqué, le Front pour le retour à l'ordre constitutionnel en Centrafrique (Frocca) du président déchu François Bozizé a qualifié la cérémonie de "mascarade". "Cette prestation de serment est illégitime car M. Djotodia ne doit sa place qu'à la force des kalachnikovs et des mercenaires étrangers", accuse son texte. François Bozizé, renversé le 24 mars, qui se trouve actuellement en France, accuse le Tchad d'avoir activement soutenu la rébellion Séléka.

 


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Les félicitations du président tchadien Idriss Déby
La population toujours apeurée
La Centrafrique s'enfonce jour après jour dans la violence avec les exactions de combattants issus des rangs de l'ex-coalition rebelle. En effet, des tirs díorigine indéterminée ont encore été entendus dans la nuit de samedi à dimanche à Bangui. La situation semble se stabiliser dans la capitale où une force africaine a commencé à se déployer. En province, en revanche, où des zones entières échappent au contrôle des autorités, la population vit dans un "climat permanent de peur", selon l'ONU. Le nouveau président a répété dimanche son engagement à cantonner et à désarmer ces "éléments incontrôlés". "Le processus (...) se poursuivra et s'étendra progressivement dans les villes de province jusqu'à ce que notre pays soit totalement débarrasser de toutes les armes qui sèment la désolation et endeuillent d'innocentes familles", a-t-il promis. "Je vous assure qu'il n'y aura plus de place pour l'impunité, car on ne peut bâtir un Etat de droit sans la justice", a-t-il affirmé.

Au fléau des exactions s'ajoute pour les 4,6 millions de Centrafricains la menace d'une crise humanitaire et sanitaire majeure, liée pour partie aux pillages généralisés des stocks alimentaires et des centres de santé qui ont suivi la chute du régime Bozizé. Selon l'ONU, 1,6 million de Centrafricains ont besoin d'une aide d'urgence et 206.000 personnes ont été déplacées, dont 60.000 ont fui dans les pays voisins.


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