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Babacar Gaye: une situation «très volatile et imprévisible» en RCA

«La communauté internationale doit tirer les conséquences de l’effondrement total du pays»

 

Le Représentant du Secrétaire général en République centrafricaine, M. Babacar Gaye, a affirmé, devant le Conseil de sécurité, que la situation générale dans le pays était «très volatile et imprévisible », même si des progrès avaient été accomplis sur le plan politique. Pour le Chef du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine (BINUCA), le problème de la sécurité «demeure de loin la plus urgente des priorités» à résoudre. M. Gaye, qui présentait le rapport* du Secrétaire général sur la situation en République centrafricaine, est arrivé à Bangui le 9 juillet, en remplacement de Mme Margaret Vogt.Dans son rapport, le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, se dit «profondément préoccupé par l’état de sécurité dans le pays caractérisé par la faillite totale de l’ordre public, plus de quatre mois après le changement de régime inconstitutionnel survenu le 24 mars 2013», cet état de fait étant, selon lui, «inacceptable». «Il est indispensable de mettre un terme aux souffrances de la population», ajoute M. Ban, pour qui «la situation appelle d’urgence l’attention de la communauté internationale». «Il faut en priorité rétablir la paix et la sécurité à Bangui et dans l’ensemble du pays», assure le Secrétaire général.

 

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Tri-céphalisme et divergences politiques
Sur le plan politique, son Représentant spécial a invité le Président autoproclamé, M. Michel Djotodia, le Premier Ministre, M. Nicolas Tiangaye, et le Président du Conseil national de transition (CNT) à «travailler ensemble pour éliminer de toute urgence leurs divergences», lesquelles, si elles ne sont pas surmontées, «risquent de compromettre les progrès réalisés jusqu’à présent et d’aggraver sérieusement la crise dans le pays».M. Gaye a insisté sur l’importance de s’entendre sur une feuille de route et un calendrier «pour mettre fin à la période de transition et organiser des élections». Il convient également de s’attaquer à la question de l’impunité et d’assurer une assistance appropriée aux populations dans le besoin.

Dans son exposé, le général Gaye a en particulier indiqué que, le 19 juillet, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine avait autorisé le déploiement, pour une période initiale de six mois, de l’opération de soutien à la paix sous conduite africaine (AFISM-CAR), à compter du 1er août 2013. La nouvelle mission aura un effectif total de 3 652 membres du personnel civil et militaire, principalement composée des contingents qui servent actuellement au sein de la Mission de consolidation de la paix en République centrafricaine (MICOPAX), force de maintien de la paix de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Elle aura pour mandat de protéger les civils et de rétablir la sécurité et l’ordre public, de rétablir l’autorité de l’État, de réformer et de restructurer le secteur de la défense et de sécurité, et de créer les conditions propices à la fourniture d’une assistance humanitaire aux populations dans le besoin. Le Représentant spécial s’est félicité de la mise en place de la mission de l’Union africaine et a encouragé le Conseil de sécurité à lui apporter son plein appui. Il a espéré que son déploiement prochain constituera «l’effet de levier nécessaire pour mettre fin à l’anarchie et au chaos à Bangui et dans les provinces».

«L’État centrafricain s’est totalement effondré», a témoigné, de son côté, le Représentant permanent de la République centrafricaine auprès des Nations Unies, M. Charles Armel Doubane, qui a appelé la communauté internationale à en «tirer les conséquences» et à «prendre ses responsabilités». La Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires et Coordonnatrice des secours d’urgence, Mme Valerie Amos, et le Sous-Secrétaire général aux droits de l’homme, M. Ivan Šimonovi&#263;, qui viennent tous deux de visiter la République centrafricaine, ont également rendu compte, devant le Conseil de sécurité, de la situation sur le terrain.

La déclaration écrite du Général Gaye ICI


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