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Bangui: Un anniversaire de l’indépendance inédit

Une première fête nationale célébrée par les nouvelles autorités, arrivées au pouvoir par un coup d'Etat, le 24 mars dernier

 

Pour leur première fête nationale à la tête de la Centrafrique, les nouveaux maîtres de Bangui ont prévu marqué une différence, en inaugurant le Palais de la renaissance et le siège de l’Assemblée nationale, actuellement habité par le Conseil national de transition, l’organe législatif de la transition en cours. L’édifice n’a jamais été réhabilité depuis sa construction, il y a plusieurs décennies et était en état de dégradation. Pour permettre aux centrafricains de mieux célébrer cette fête, un mois de salaire a été versé aux fonctionnaires et agents de l’Etat depuis la semaine dernière, alors que le président Djotodia n’a cessé de se plaindre que les caisses de l’Etat sont vides. Les principales artères et rues de la capitale ont été nettoyées et on peut apercevoir les drapeaux centrafricains qui flottent. On note également qu’une marche de la paix, organisée par des proches du pouvoir se déroulera ce jour de fête, en présence des hautes autorités du pays.

 


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Les artères de la capitale Bangui ont été nettoyées
Le calvaire dans les provinces de la Centrafrique
Alors que Bangui semble vibrer au rythme de la fête, en dépit de la situation sécuritaire encore déplorable, les choses tournent au contraire dans les villes de province. L’absence des autorités administratives, remet en cause cette fête de l’anniversaire de l’indépendance nationale. Dans certaines villes, on affirme que certains chefs militaires de la Séléka, envoyés par Bangui, ont même l’intention de partitionner le pays. C’est l’exemple d’un général de la Séléka, d’origine tchadienne, basé dans la ville de Paoua (nord), qui serait en train faire de la région, une nouvelle république, d’après des habitants joints au téléphone. Ce général nommerait des maires, installerait des autorités administratives, et promettrait de payer les salaires aux fonctionnaires qui reprendront le service. Difficile d’avoir la confirmation de cette information du côté de Bangui, mais elle représente une menace, pour l’unicité du pays. Un premier fait, depuis l’indépendance de la Centrafrique, proclamée le 13 août 1960.

 


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Les indicateurs économiques au plus bas
Du retour à la période d’avant l’indépendance
Les derniers événements qui ont conduit à la prise du pouvoir par la coalition Séléka en mars, ont ramené la Centrafrique plusieurs années en arrière, d'après de nombreux experts. Son intensité et sa durée ont été sans précédent. Depuis leurs avancées sur Bangui en décembre, les rebelles de la coalition Séléka se sont livrés aux actes de pillage et à la destruction systématique des locaux et archives administratives. Des documents, datant même de l'époque coloniale ont été détruits. En outres, ces évènements ont remis à terre, un système administratif déjà mal structuré, et qui peine à s’épanouir depuis l’indépendance du pays. La situation en Centrafrique sera, dans ce cas, au cœur d’une réunion du conseil de sécurité des Nations Unies, qui va se tenir demain mercredi à New York. On annonce déjà des sanctions ciblées, contre certains leaders de la coalition Séléka.


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