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Centrafrique: Sylvain Ngakoutou Patassé optimiste sur l'après-transition

Entretien avec líhomme d'affaire et fils du défunt Président Ange Patassé

 

Le coup de force du 24 mars, qui a conduit au pouvoir Michel Djotodia était-iliustifié ? Si oui, pourquoi ?
Ce coup de force est dû au mal être des Centrafricaines et Centrafricains, et aux promesses non tenues par l'ancien président François Bozizé, au mépris des engagements qu'il a pris face à la nation et à la communauté internationale.

Quelle légitimité pour la Séléka actuellement au pouvoir ? Qu'est-ce au juste ? Comment est-il constitué ?
La Séléka sert de transition jusqu'à la date des élections démocratiques. Elle n'a pas de légitimé au-delà de celles qui a été fixée par les chefs d'Etat et de Gouvernement de la CEEAC. Si la Séléka respecte cet engagement, ce sera un grand pas à la fois pour la RCA et pour l'Afrique centrale, et une maturité à résoudre nous-mêmes nos problèmes et pour la stabilité de notre région, riche en ressources naturelles, Je remercie d'ailleurs personnellement et au nom du peuple centrafricain tous les chefs d'Etat qui ont úuvrés pour la paix et pour la feuille de route. Je regrette et je condamne l'insécurité qui continue à menacer les populations centrafricaines...

 


© fr.africatime.com
Image d'illustration
Aujourd'hui, l'essentiel est que tous les Centrafricaines et Centrafricains se retrouvent pour imposer la paix des braves, pour montrer à tous les pays de la sous-région, qu'on a besoin de stabilité, de paix, que nos enfants aillent à l'école, que nos parents vaquent à leurs occupations, que nos mères aillent librement dans leurs champs. Je dénonce et m'oppose à toutes formes de violences d'où qu'elles viennent. La RCA est très riche, nous devons attirer les investisseurs. Pour cela nous devons montrer nos capacités à sécuriser les biens ainsi que les hommes sur l'ensemble du territoire.

Comprenez-vous toutes les critiques qui ont émaillé l'intervention des troupes de Séléka après le changement de pouvoir Bangui ?
Je les comprends, car elles sont légitimes. L'histoire de la RCA a toujours été émaillée de violences, de changement de pouvoir par la force. Celui qui a eu la clairvoyance d'un vrai projet démocratique, tout le monde le reconnaît était le président Ange-Félix Patassé. Il faut envisager aujourd'hui que les Centrafricains se lèvent comme un seul homme pour imposer une vision moderne et partagée de la gouvernance une démocratie sans laquelle, ce pays deviendra une paria infréquentable.

Quelles sont selon vous les actions urgentes qui interpellent aujourd'hui les nouvelles autorités de Bangui ?
Asseoir tous les Centrafricains et Centrafricaines de tous les horizons, de toutes les confessions, de toutes les couches, de l'intérieur et de l'extérieur pour qu'ils s'écoutent et définissent le modèle de société dont ils rêvent et qu'ils se donnent les moyens nécessaires. Pour cela, les autorités de Bangui doivent rapidement sécuriser les personnes et les biens afin que la libre circulation revienne.

18 mois pour tenir tous ces engagements, tel que voulu par le sommet de NíDjamena d'avril, est-ce vraiment possible ?
Possible ou pas possible, nous devons respecter les accords, et surtout respecter les chefs d'Etat de la sous-région de l'Afrique centrale qui se sont investis et continuent à s'investir pour la paix en RCA, parce qu'ils aiment ce pays frère. A nous de nous montrer à la hauteur et de travailler dur pour ne pas décevoir les hôtes. Je tiens à rendre hommage à tous ceux qui sont morts pour la paix en RCA. Nous ne les oublierons jamais.

 



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