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Décryptage de la conférence de presse des nouveaux hommes forts de la RCA

Par Chancel Sekode Ndeugbayi, Enseignant et Écrivain romancier

 

Au pays des SELEKA, les incompétents sont des chefs d’Etat
Nietzsche disait : «les vérités tuent mais celles que l’on tait deviennent vénéneuses.» J’ai suivi avec beaucoup d’intérêts le point de presse du Président de la Transition en Centrafrique qui s’est tenu à Bangui le dimanche dernier. La vérité est que M. Dotodja n’a pas l’étoffe ni la carrure d’un chef d’Etat. Alors, qu’il me soit permis de dire tout haut que je n’ai pas été surpris par la qualité et le niveau des débats.

Tout d’abord, j’ai trouvé un président qui ne sait pas pourquoi il est là, qui ne connaît pas son rôle, qui ignore tous des fondamentaux de la communication tant sur le fond que sur la forme. Bref, j’ai trouvé un président incohérent, un président incapable d’enchaîner une phrase sans commettre une faute, un président évasif et surtout approximatif sur des questions de fond. Tout ceci ne peut être mis que sur le compte d’une incompétence sans commune mesure. Essayons de passer au peigne fin les temps forts de cette conférence made in Djotidia de la SELEKA

 


© africatime.com
Les trois grandes autorités de la Transition lors de la conférence de presse
1°/ A propos des troupes et mercenaires tchadiens
Si 98% de ceux qui ont aidé BOZIZE à prendre le pouvoir en 2003 étaient des Tchadiens, eh bien, même si «BOZIZE leur a tourné le dos et qu'ils sont repartis en brousse au su de tout le monde» comme il le dit lui-même, ces 98% restent des TCHADIENS, le peuple Centrafricain n'a pas à les remercier pour tout le mal qu'ils viennent commettre et continuent de lui faire subir. Voilà qui met en lumière la sécheresse intellectuelle de ce Monsieur et ses acolytes qui se disent des hommes d’ETAT. Au moins, le peuple centrafricain aura compris que Djotodia est entrain de distribuer la nationalité centrafricaine à des milliers de mercenaires étrangers qui l’ont porté au pouvoir.

2°/ Des centrafricain-tchadiens?
Si lui-même Djotodia reconnaît qu'il a bénéficié du soutien des Tchadiens, qu'il nous dise clairement: quelle récompense leur réserve-t-il? La nationalité centrafricaine d’office ou des primes financières? Et pourtant à bien l'écouter, tout se passe comme si ces mercenaires tchadiens ne sont plus tchadiens mais désormais centrafricains en droit et en devoir. Ce qui me pousse à m'interroger: Au regard de la loi fondamentale de notre pays, quelles conditions un étranger doit-t-il remplir avant d'obtenir la nationalité centrafricaine? Participer à une rébellion ou bien suivre la législation républicaine? Au regard de son raisonnement dangereux selon lequel les centrafricains doivent remercier ces mercenaires venus d’ailleurs comme «un torturé qui défend son tortionnaire», je me demande ce qui se cache derrière sa logique.

3°/ Boye-Rabe, zone de non-droit, quartier à ne pas franchir? Le mot FACA sonne mal?
« J’ai interdit à nos forces d’aller là-bas» dit-il ! Les habitants n’ont qu’à se débrouiller tous seuls, le mot FACA sonne mal, ces gens n’existent plus, a-t- il ajouté! A en croire cette vision sectaire de la nation, lui DOTODJA n’est pas le chef des Armées, mais le chef d’un groupe rebelle, et n’ayons pas peur des mots, le président d’un clan tout court. Voilà qui met en doute sa capacité à rassembler, à apaiser le climat qui prévaut depuis le 24 mars dernier.

4/ Les journalistes irresponsables et menteurs?
«France inter. Vous là… vous voulez nous noircir, nous diaboliser en diffusant les vieilles images» je le cite. Manœuvre de diversion ou erreur de diagnostics? Ton méprisant, manque d’élégance et bassesse d’esprit. Oui, c’est aberrant. Il n y a qu’en RCA qu’on voit un chef d’Etat qui, tout comme la chauve-souris, n’aime pas la lumière, qui s’en prenne à des journalistes plus compétents que lui et qui ne font que leur travail: informer.

En effet, s’agissant de la presse et France Inter, je pense que Djotodia est très mal placé pour nous donner des leçons de journalisme. Si pour le pouvoir de Bangui, l'ennemi du progrès c'est France inter, moi je dis qu'il se trompe de diagnostic. L'ennemi du peuple centrafricain c'est vous Michel Djotidia; car refuser qu'on vous critique, refuser qu'on mette en lumière vos carences, refuser de voir la vérité en face est une folie, mais une folie à risques criminels. Il ne vous aura pas échappé: hier pendant QUE TOI Djotodia tu te faisais traquer comme tout bestiaire dans la savane de Vakaga, c'est grâce au média notamment à FRANCE INTER que le monde entier eût pu découvrir ton combat de l'époque et son bien-fondé. Bref, il est temps de sonner la fin de la récréation. Nous sommes là, le peuple centrafricain est sur le qui-vive, vous n'échapperez pas à votre bilan. Le peuple centrafricain aura le dernier mot.

Moralité: Nous avons à faire à des gens qui marchent sur la tête et qui ne savent pas où ils vont. Vivement que vous dégagiez, bandes d'INCOMPETENTS; vous n'êtes qu'un accident de l'histoire!

Honte à vous!

 



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