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L’adoption de la Charte Nationale de la Transition n’a pas fait que des heureux

Les débats ont été houleux et parfois l’ambiance électrique dans l’hémicycle et même au sein du Conseil National de Transition (CNT)

 

L’inéligibilité soulève des passions
Certains points de cette Charte Nationale de la Transition ont suscité des débats passionnés car des intérêts étaient en jeu. Des intrigues se sont même invitées dans la salle à propos du contreseing du Premier, Chef du gouvernement de Transition sur les textes règlementaires. Et c’est là où certains conseillers ont montré leur vrai visage comme ennemis de la transparence. Le contreseing n’est pas une nouveauté pour les centrafricains puisqu’il figurait déjà dans la Constitution du 27 décembre 2004. La règle n’a jamais été appliquée à l’époque de François Bozizé, tout simplement parce que les premiers ministres Elie Doté et Faustin-Archange Touadera n’en ont jamais fait usage, laissant le Chef d’Etat de l’époque, seul maître du jeu. La question de l’inéligibilité des acteurs principaux de la Transition a soulevé un véritable tollé dans la salle. L’accord politique de Libreville avait mentionné que les acteurs principaux de la Transition ne devaient pas se présenter à l’élection présidentielle. Or dans la déclaration de N’Djamena, les Chefs d’Etat de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) ont évoqué les élections au pluriel, ce qui veut dire l’élection présidentielle et les élections législatives. Cette mention particulière n’a pas été appréciée par les membres du Bureau du Conseil National de Transition, qui ambitionnaient de se présenter aux élections législatives. Séance tenante, au moment des débats, il n’était pas question de dénaturer le texte proposé, dont le projet avait été examiné par le gouvernement et un comité convoqué à cet effet.

 


Le président du CNT
La Charte est-elle altérée
Au moment de l’adoption de la Charte National de Transition, tous les membres du bureau du Conseil National de Transition se sont purement et simplement abstenus de voter en faveur du texte, ce qui ne surprit plus d’un Conseiller dans la salle. Les adeptes du texte intégral ont tout simplement considéré cette attitude comme un coup de poignard dans le dos du premier Ministre. Cette défection augure-telle une Transition apaisée?

Rien n’est moins sûr. Finalement, avec beaucoup et hésitation, la Charte de la Transition a été promulguée. Cette promulgation tardive soulevée de nombreuses interrogations. Pourquoi le président de Transition a-t-il tant hésité à signer le texte? Le texte promulgué est-il conforme à celui qui a été validé par les experts et adopté par le Conseil National de Transition? Chaque entité présente à Libreville s’est mise à l’étude comparative des textes pour voir si des coquilles et des substitutions n’ont pas altéré la Charte de la Transition.

Même au sein du Conseil National de Transition, la grogne monte. De plus en plus, les conseillers réclament la mise en place d’un nouveau bureau du CNT car l’élection de l’ancien bureau avait fait l’objet de beaucoup de subjectivité. Ceux des conseillers élus par leurs entités respectives et dotés d’un mandat ne se sentent pas à l’aise parmi d’autres qui ont utilisé des circuits nébuleux pour se retrouver au CNT. Les entités au nom desquelles ces conseillers qui ne remplissent pas les conditions, ne se reconnaissent pas en eux. Une purge va-t-elle s’opérer au sein du CNT. Tout porte à y croire que oui, car les exigences vont porter sur les procès-verbaux d’élection et les mandats délivrés par les entités. C’est à partir de là que commencera la transparence dans la désignation des représentants au CNT et les vrais.

 



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