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RCA: le Knk est-il dissout ou suspendu?

La formation politique dénommée "Kwa na Kwa" ou KNK dont l’ancien président François Bozizé fut le fondateur n’est ni dissoute, ni suspendue depuis l’arrivée de la Séléka au pouvoir

 

Après des mesures prises par François Bozizé alors qu’il était déjà à l’extérieur et qui pouvait concourir au dysfonctionnement du KNK, les cadres et certains militants respectueux des textes de base, ont redressé la barre et ont maintenu aux commandes le premier vice-président Kiticki-Kouamba. Ce dernier pour ne pas laisser ce parti aller à la dérive a maintenu le flambeau du KNK, qui compte bel et bien parmi les entités prenant part à la Transition.

Le KNK se restructure
Pourquoi parler de la dissolution ou de la suspension du KNK, qui est une association sociale, politique dotée de la personnalité morale, régie par des textes, selon les dispositions sur les partis politiques? Le KNK n’est en rien dissout et organise ses activités. Dans ses textes, seul le congrès de ce parti peut le dissoudre. Or, depuis le départ de Bozizé, ce congrès n’a jamais eu lieu et les caciques de ce parti, par conviction ne sont pas prêts de laisser tomber le flambeau de leur formation politique. Certes, le bloc n’est plus monolithique comme du temps de Bozizé, mais certains cadres, bien qu’ayant accepté de coopérer avec le nouveau régime ont refusé de changer de veste. Et c’est avec fierté qu’ils affirment être militants du KNK. François Bozizé n’étant plus au pouvoir, les opportunistes ont tourné le dos et cherchent à voler de leurs propres ailes en créant leur propre parti politique. Donc la dissolution du KNK n’a jamais été à l’ordre du jour.

 


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Les militants en assemblée
La suspension de la Constitution n’a pas affecté les partis politiques
La formation politique de François Bozizé a fait le jeu du roseau. Il a plié lors de la tempête, mais n’a pas rompu. Si le KNK n’est pas dissout, est-il suspendu? Le parti Kwa na Kwa n’a pas connu de mesures administratives de suspension de la part du ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation. Après l’entrée de la Séléka dans la capitale, la Constitution du 27 Décembre 2011 a été suspendue et l’Assemblée Nationale dissoute par le Président de la Transition, Michel Djotodia Am Nondroko. Conséquences de cette suspension constitutionnelle, toutes les institutions qui avaient pour socle la loi fondamentale ont été dissoutes. Mais cette mesure n’a jamais affecté les partis politiques dont le KNK, qui ont continué à exercer leurs activités comme le passé et qui peuvent redynamiser leurs structures dans l’arrière-pays, mises à rude épreuve par le changement opéré à la tête du pays.

Le KNK n’est pas un parti clandestin
Mais ce qui paraît curieux et qui a surpris plus d’un Centrafricain est le dernier acte qui s’est déroulé sur la route de M’Baïki. Lors de fouilles opérées par les éléments de la Séléka, des tee-shirts et des casquettes du KNK à l’effigie de François Bozizé ont été découverts. Alors que le KNK n’est ni dissout, ni suspendu et n’est pas un parti clandestin, tous les passagers de sexe masculin du véhicule de transport ont été arrêtés et conduits vers une destination inconnue. Un véritable désastre a suivi ce qui peut être considérée comme un enlèvement collectif. Cinq personnes parmi ces passagers ont été torturées, ligotées et leurs corps ont été retrouvés dans le fleuve Oubangui. La découverte de tee-shirts et de casquettes d’un parti légalement reconnu comme le KNK est-elle une raison suffisante pour une exécution extrajudiciaire des passagers dont certains se trouvaient là par hasard dans le véhicule de transport. Si c’est un excès de zèle, l’arbre cache mal la forêt, car le KNK fait partie des formations politiques reconnues dans le passage politique centrafricain. Le parti de l’ancien président Bozizé compte des ministres au gouvernement. Il dispose également de représentants au Conseil national de Transition (CNT). Même à la Présidence de la République, certains conseillers du chef d’Etat de la transition sont issus des rangs aux KNK. Alors, pourquoi s’en prendre particulièrement aux attributs de ce parti, qui n’a été frappé d’aucune mesure et qui exerce librement ses activités.

 


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A qui le tour demain?
Le régime actuel aurait-il un agenda caché pour s’en prendre aux partis politiques légalisés? Si des interdictions qui ne disent pas leur nom commencent à frapper les partis politiques, comment se passera la fin de la Transition. Ce sont ces partis politiques de l’ancienne majorité et de l’opposition, qui vont compétir à l’élection présidentielle et aux élections législatives à la fin de la Transition. Ce qui s’est passé sur la route de M’Baïki le samedi 13 juillet 2013, continue de surprendre les Centrafricains. Le scandale est trop gros et s’il s’agit d’une bavure, elle est intolérable. Si une suite judiciaire n’est pas donné à ces assassinats monstrueux, non seulement la justice comme l’a promis le Procureur de la République, mais les dirigeants actuels et les hommes politiques centrafricains seront interpellés car ce qui est arrivé au KNK aujourd’hui peut arriver à d’autres formations politiques.


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