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Centrafrique: l’exploit diplomatique assez osé de Djotodia à Cotonou

Le Président contesté de Centrafrique, n’a pas évité le Bénin, comme le pensaient bon nombre d’observateurs.

 

En tournée dans la sous-région ouest-africaine, le Président contesté de Centrafrique, Michel Djotodia, n’a pas évité le Bénin, comme le pensaient bon nombre d’observateurs. Il a rendu visite, mardi dernier, au Président Yayi avec lequel, il a eu des relations très difficiles dans son passé d’opposant politique à Bozizé. C’est sûrement la plus émouvante de ses visites dans les pays de la sous-région. En foulant le sol béninois, auréolé de sa couronne, certes contestée, de Président de la Centrafrique, Michel Djotodia devait être très ému. Le Président centrafricain a connu son enfer sur terre à Cotonou, quelques années plus tôt. Alors qu’il fuyait la répression politique de son prédécesseur, François Bozizé, Michel Djotodia a trouvé refuge à Cotonou. Mais, il avait oublié de compter sur les relations très fraternelles entre Bozizé et Yayi. Le premier, informé, avertit le second de l’aider à arrêter des opposants installés à Cotonou. Avec l’implication personnelle de Yayi, deux opposants centrafricains seront arrêtés à Cotonou. Parmi eux, un certain Michel Djotodia. Il purgea 18 mois de bagne à Cotonou. Après cela, il ne rentra pas à Bangui, comme son compère, pour aller occuper des responsabilités dans l’appareil d’Etat. Il resta à Cotonou, trima et galéra. Il mena une vie austère, loua un appartement modeste du côté d’Atrokpocodji, et fonda même une famille. Téméraire, il résistera à tout et ne rentra à Bangui que lorsque ses proches politiques eurent commencé à prendre corps.

 


© Yves Trougnin
Il est même allé dans son ancienne prison!
Ainsi, il ne rentra que l’année où la rébellion fût lancée contre Bozizé. Il y prit la tête et devint ministre après les Accords de Libreville. Le rêve de Djotodia est encore devant. Il a rusé pour renverser Bozizé. Son ami Yayi est le premier à lui avoir accordé un exil sans qu’il ne le demande. Mardi 16 juillet 2013, Djotodia est donc revenu à Cotonou et a rencontré son ancien «bourreau» à qui il a demandé de l’aider à regagner la confiance de la communauté internationale. Ceci est un acte de grandeur d’esprit de la part de Djotodia qui a ainsi fait table rase d’un sombre passé. «Tu m’as fait prisonnier, me voici de nouveau, Président», serait-il en train de se murmurer intérieurement. Et la carte diplomatique, il l’a joué à fond à Cotonou. Lui qui a lancé un mandat d’arrêt international contre Bozizé, trouve qu’il peut rentrer désormais à Bangui puisqu’il est Centrafricain. Plus pathétique, il demande presque l’impossible à Yayi: l’aider à légitimer son régime de force. Et qui sait si Yayi n’est pas tombé sous le charme de sa séduction diplomatique. Et loin des sophistications de la Diplomatie, il est allé voir ses anciens compagnons d’infortune, à Atrokpocodji, pour la fête du Président centrafricain le plus béninois.

 



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