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Djotodia,Tiangaye et Nguendet seront-ils malgré tout candidats?

«La situation apocalyptique de la RCA devrait tenir à cœur les principaux acteurs de cette transition qui doivent mettre de côté, leurs appétits insatiables qui n’honorent pas la République»

 

Le tiers-tête de la transition en Centrafrique, a été déclaré comme inéligible par le point 5 de la Déclaration de N’Djamena qui stipule que «Le Chef de l’Etat, le Premier Ministre et les Ministres membres du Gouvernement de transition, ainsi que le Président et les membres du bureau du CNT, ne peuvent se présenter aux prochaines élections». Fort de cette disposition, Michel Djotodia, président de la transition, le premier ministre Nicolas Tiangaye et les membres de son gouvernement tout comme Alexandre Nguendet et les autres membres du bureau du Conseil National de Transition (CNT), ne sont pas éligibles pour les futures élections présidentielle et législatives. Nonobstant la pertinence de cette disposition, il y a des signes avant-coureurs qui font penser le contraire d’autant plus qu’une des personnalités ci-dessus citées, a effleuré la question de l’inéligibilité des principaux acteurs de la transition. Et le ballon d’essai dans le cas d’espèce a été jeté par le président du Conseil National de Transition, Monsieur Alexandre Nguendet, dans sa déclaration de clôture de la troisième session du CNT consacrée à l’examen du projet de la Charte Constitutionnelle de Transition.

 

Ballon d’essai
La question d’inéligibilité des principaux acteurs de la transition centrafricaine sera soumise à l’appréciation du Président Sassou Nguesso de la République du Congo, Président du Comité de suivi de la crise Centrafricaine. «Il convient de noter que la question de l’inéligibilité du Chef de l’Etat de la Transition, du Premier Ministre, des Membres du Gouvernement, des Membres du Bureau du Conseil National de Transition aux prochaines élections législatives sera soumise à l’éclairage du Président du Comité de Suivi de la Crise Centrafricaine pour plus de précisions», a déclaré Alexandre Ferdinand Nguendet qui jette ainsi le pavé dans la marre. Une proposition qui crée encore une crise inutile pour la République Centrafricaine qui n’en a nullement besoin étant donné la situation plus que délétère de ce pays réduit au rang de pays assisté pour ne pas dire mendiant tant, pour assumer aujourd’hui ses obligations de souveraineté, notre pays tend la main à l’extérieur.

Et le président du CNT est bel et bien conscient de cette situation quasi apocalyptique mais, étant donné que les intérêts personnels de certains acteurs de la transition priment sur les intérêts du peuple, Ferdinand Nguendet n’a que faire, pensant ainsi à sa prochaine candidature aux élections législatives afin de demeurer ad vitam aeternam au perchoir de l’instance législative. Et comme Nguendet sait parfaitement qu’il ne peut arriver à ses fins sans la participation de Michel Djotodia à l’élection présidentielle, il ouvre le bal en y faisant inclure le président de la transition qui doit, rire sous cape de cette proposition qui lui va d’ailleurs droit au cœur, quoiqu’il dise. D’ailleurs, Michel Djotodia n’est-il pas en train de faire imprimer des tee-shirts à son effigie ? C’est dire que la proposition ainsi faite par Alexandre Nguendet, même si elle choque aujourd’hui la conscience commune, permet à ceux et celles qui se trouvent donc dans l’incapacité de briguer le suffrage universel lors d’échéances futures de se positionner et de faire bloc derrière l’initiateur de cette proposition qui, disons-le, n’est que le porte-voix.

Les mêmes maux produisant les mêmes effets, la République n’a pas besoin de renouer avec les mêmes erreurs du passé. Erreurs qui ont conduit aujourd’hui la République au fond du gouffre.

 

Et comme si cela ne suffisait pas, Ferdinand Alexandre Nguendet précise que la transition n’a pas encore commencé: «Il est également important de remarquer que le début de la transition commencera à courir avec la promulgation de la Charte constitutionnelle, pour répondre aux interrogations récemment posées sur la problématique de la computation du délai de la transition, notamment la question de savoir à partir de quand court le délai de la transition». Et que son «souhait le plus ardent est que l’application de cette Charte ne pose pas de problème dans les rapports entre les trois (3) pouvoirs de l’Etat et les organes de chaque pouvoir entre eux».

Eviter les erreurs du passé
Même si la seule volonté politique ne saurait transformer à elle seule la situation du pays, comme l’affirme Alexandre Ferdinand Nguendet, il n’en demeure pas moins vrai que cette volonté politique de faire participer en violation d’ailleurs de l’Accord de Libreville, les acteurs principaux de la transition, aux élections présidentielle et législatives est hautement condamnable. Car la situation apocalyptique de la RCA devrait tenir à cœur les principaux acteurs de cette transition qui doivent mettre de côté, leurs appétits insatiables qui n’honorent pas la République. Comment dans ce cas se mettre au travail pour sortir le pays de cette situation si ceux qui ont la charge de conduire la transition commencent déjà à penser à leur propre lendemain que celui du peuple ? Question pertinente qui se pose à Ferdinand Alexandre Nguendet et tous les tireurs de ficelle qui n’agissent pas à visage découvert. Même si le président du CNT appelle à la mobilisation, au travail et à la discipline, lui-même manque de vertus quand il propose sans sourciller, la participation des acteurs de la transition aux futures échéances. «C’est pourquoi, il devient impérieux que les Centrafricains se mobilisent et travaillent davantage et qu’ils se disciplinent. Cette discipline est indispensable, parce que c’est elle qui nous dictera la modération. Modération en tout, qu’il s’agisse des revendications ou du débat politique. Modération qui nous évitera de proférer des exigences surréalistes, surtout dans un contexte économique encore peu vigoureux».

Très beau comme déclaration mais dans le fond, le président du CNT se doit de se rendre compte que le simple fait de faire ressurgir cette question d’inéligibilité des acteurs de la transition, est sans doute, une exigence surréaliste qui ne sert en rien, les intérêts de la République et des Centrafricains. Si tel en est le cas, cette question d’inéligibilité ou d’éligibilité si chère au président du CNT ne servirait alors que ses propres intérêts et de tous ceux qui lui ont suggéré de jeter ce ballon d’essai afin d’apprécier les réactions des Centrafricaines et Centrafricains, par rapport à une telle proposition. Les mêmes maux produisant les mêmes effets, la République n’a pas besoin de renouer avec les mêmes erreurs du passé. Erreurs qui ont conduit aujourd’hui la République au fond du gouffre.


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