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Michel Djotodia: 3 mois d’arriérés de salaire et 3 mois de présidence sans résultat

L’Accord de Libreville souffre énormément de sa mise en œuvre

 

Trois mois après la prise du pouvoir par Michel Djotodia, le Centrafrique est loin de connaître un début de solution à ses problèmes, entre autres la pauvreté aiguë. Michel Djotodia nourrit aujourd’hui son peuple de l’espoir infondé. Pourtant, dans sa déclaration à la nation, Michel Djotodia avait affirmé haut et fort que le Centrafricain ne se nourrissait pas bien, en d’autres termes, ne conjugue pas les cinq verbes de Boganda. Aujourd’hui, avec les arriérés de salaire qui s’accumulent, Michel Djotodia ne parvient pas à démontrer le contraire de son affirmation gratuite. Durant son stage qui a commencé depuis le 24 mars 2013, Michel Djotodia n’arrive pas à répondre aux attentes de la population centrafricaine, en ce qui concerne notamment la sécurité, le salaire, mais aussi la mise en œuvre de la feuille de route de Libreville.

 


© afp.com/Sia Kambou
Michel Djotodia, après 3 mois de présidence
Michel Djotodia, à travers sa logique, persiste et signe dans l’amateurisme pur et simple. Le tissu économique est dangereusement dégradé, la Séléka ne favorise pas l’accroissement de l’assiette fiscale de l’Etat. Les taxes de l’Etat sont dans les poches des éléments de la Séléka. Le pays ne peut pas faire face à ses obligations régaliennes. Du coup, le pays dépend entièrement de l’extérieur. Michel Djotodia ne parvient pas aujourd’hui à faire preuve de pragmatisme par rapport aux deux mois de salaire annoncés aux fonctionnaires et agents de l’Etat, mais il est descendu avec consensus d’obtenir l’aval des partenaires sociaux pour ne leur verser qu’un mois de salaire. Mais rien aujourd’hui n’est clair. Pour rassurer les fonctionnaires et agents de l’Etat de l’effectivité de salaire que le nouveau patron du Palais de la Renaissance leur a promis de manière vraisemblablement fallacieuse, avec des nominations tendancieuses et des déclarations dramatiques, Michel Djotodia est le seul et l’unique dictateur qui a de la peine à soigner son image auprès de la population.

Après trois mois de «stage politique» incohérent, Michel Djotodia en fait à sa tête, un véritable pilotage à vue, sans un programme minimum clair de développement. Michel Djotodia en est conscient, mais, pour autant, le calcul n’est pas là. Quand est-ce que le pays va connaître un «boom» pour sortir de cette situation calamiteuse? La dépendance de la RCA aujourd’hui vis-à-vis de l’extérieur est telle que Michel Djotodia risque d’être encombrant auprès des chefs d’Etat de la CEMAC. Mais, en tout état de cause, le Premier ministre doit user de tout son pouvoir pour rendre effective l’opération de désarmement et favoriser la reprise des FACA, des douaniers et de toute l’administration. Mais le grand paradoxe est celui de constater avec amertume qu’en dépit de la situation économique dramatique et préoccupante, Djotodia fait pleuvoir les décrets et met en place des commissions budgétivores. Par-dessus tout, les éléments de la Séléka continuent de piller les Ambassade et les Institutions protégées par l’Accord de Vienne, au grand dam des autorités qui prônent un silence incompréhensible.

 



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