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Centrafrique: le ministre Mohamed Dhaffane aux arrêts

Il est soupçonné de recruter des mercenaires et d'acheter des armes

 

Le ministre centrafricain des Eaux et forêts, Mohamed Dhaffane, une des figures de l'ex-coalition rebelle Séléka aujourd'hui au pouvoir, a donc été limogé ce dimanche 29 juin 2013. Il a été mis aux arrêts puis placé en garde en vue en attendant une perquisition à son domicile, a déclaré à l'AFP le ministre de la Communication Gazam Betty. Selon lui, tout porte à croire que le général Dhaffane recrutait des mercenaires et achetait des armes (...) on ne sait pour quelle raison), a précisé M. Gazam Betty, lui aussi issu du Séléka. De plus, [i ces mercenaires se livrent à des actes de débordements qui ternissent l'image du chef de l'Etat), a-t-il ajouté. Il a été plusieurs fois rappelé à l'ordre (...) le gouvernement s'est vu aujourd'hui obligé de prendre ses responsabilités, a indiqué M. Gazam-Betty, alors qu'un décret présidentiel lu dimanche à la radio nationale a annoncé le limogeage de M. Dhaffane. Selon une source proche de la présidence, le président Michel Djotodia a dû annuler un déplacement prévu à Doha au Qatar.

 


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Le ministre Mohamed Dhaffane des Eaux et Forêts
Hier dimanche, Mohamed Dhaffane a été appelé par le chef de l'Etat et on a appris peu de temps après qu'il était arrêté et détenu au Camp militaire De Roux, a déclaré la súur du ministre, Zanaba Dhafffane. Le frère cadet du ministre, le colonel Hamed Dhaffane, avant d'être à son tour arrêté, a balayé les accusations portées contre lui. Ce sont de pures allégations. S'il n'est pas libéré, nous allons mettre Bangui à feu, a-t-il menacé. On se rappelle que jeudi 27 juin, avec d'autres responsables de la Séléka, le général Dhaffane avaient demandé l'ouverture d'un "dialogue inter-Séléka". Ils fustigent "la marginalisation de la plus importante frange des combattants et militaires de Séléka", ainsi que la poursuite "des braquages, de pillages et autres graves exactions".

Mohamed Dhaffane dirige la Convention des patriotes pour le salut du Kodro (CPSK), une des composantes de la coalition rebelle Séléka, qui a pris le pouvoir à Bangui fin mars après avoir renversé le président François Bozizé. Dimanche, une certaine tension régnait à Bangui, où de nombreux véhicules transportant des hommes armés ainsi que des patrouilles de la force multinationale de l'Afrique centrale (FOMAC), appuyées par les forces françaises, circulaient dans les rues. A la sortie nord de Bangui, vers le PK (point kilométrique) 12, ainsi qu'à la sortie sud au PK 9, des Séléka barraient la route, empêchant la circulation pour exiger la libération de Dhaffane. Selon un témoin, ils s'en prennent aux passants en leur administrant des coups de fouet, ou en leur intimant l'ordre de rebrousser chemin.

 



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