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RCA: HRW demande des sanctions contre les dirigeants de la Séléka

Des membres de la coalition rebelle auraient tué au moins 40 civils et détruit 34 villages ou villes depuis février 2013

 

Après avoir mené une enquête sur place au début du mois de juin, líOng internationale Human Rights Watch a publié un rapport sous forme de communiqué dans lequel elle expose les faits et demande des comptes. Selon le texte, des membres de la coalition ont tué au moins 40 civils et ont détruit 34 villages ou villes représentant plus de mille maisons, depuis février 2013. Les chercheurs de Human Rights Watch ont recueilli des éléments de preuve détaillés concernant de nombreuses exactions dans des zones essentiellement rurales hors de la capitale, Bangui. Ainsi, entre le 11 février et le 2 juin, les forces de la Séléka ont pris pour cible certaines communautés pour étouffer leur résistance et les piller. Au cours de ces attaques, les soldats de la Seleka ont tiré sur des civils au hasard, selon les conclusions de Human Rights Watch.

 


© hrw.org
Maisons détruites à Sirkadi sur la route menant de Batangafo à Bouca, le 8 juin 2013
Noureddine Adam, un général de la Séléka actuellement ministre de la Sécurité publique au sein du gouvernement de transition du pays, a nié que la Séléka était responsable de la moindre attaque documentée par Human Rights Watch. «[i Ces attaques ont été commises par d'autres groupes armés avant notre arrivée», a-t-il expliqué à Human Rights Watch. «La Séléka n'est pas impliquée dans ces destructions de villages ni dans les meurtres.» Toutes les attaques documentées par les chercheurs de Human Rights Watch ont eu lieu dans des zones contrôlées par la Séléka. Les leaders de la Séléka sont en définitive responsables du comportement de leurs combattants et doivent enquêter efficacement sur les violations des droits humains et traduire en justice les responsables, a ajouté Human Rights Watch.

Et pour cela, líorganisation internationale des Droits de líHomme demande au Conseil de Sécurité de l'ONU de sanctionner les dirigeants de líex rébellion Séléka, responsables díexactions en République Centrafricaine. A cet effet, un rapport du Bureau Intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Centrafrique (BINUCA) est attendu sur la situation en Centrafrique au Conseil de Sécurité avant le 30 juin.

«Les chercheurs de Human Rights Watch, village après village, ont à chaque fois entendu le même appel de la bouche des habitants: ĎNe nous abandonnez pas.í», a déclaré Daniel Bekele. «L'ONU et les autres acteurs doivent redoubler d'efforts pour venir en aide à ces populations largement oubliées.»

 

Dans les zones visitées par Human Rights Watch, aucune autorité de police ou de justice n'était présente. Le gouvernement de transition doit rétablir líétat de droit dans tout le pays en redéployant les autorités civiles locales. Noureddine Adam a expliqué que quinze Préfets et commandants militaires avaient déjà été nommés et avaient reçu les ressources suffisantes pour exercer leurs fonctions. Il a précisé qu'ils seraient déployés prochainement pour rétablir une administration civile fonctionnelle.

Le communiqué le Human Rights Watch souligne que Conseil de sécurité devrait envisager des solutions pour renforcer le maintien de la paix dans les zones rurales, et adopter des sanctions individuelles à l'encontre des dirigeants de Séléka responsables de graves atteintes aux droits humains. Le Conseil de sécurité doit aussi solliciter des autorités de transition une entière coopération avec la mission d'enquête diligentée par le Conseil des Droits de l'Homme, concernant les abus commis dans le pays depuis décembre 2012, recommande HRW. «Le monde semble líignorer mais la situation en République centrafricaine est véritablement catastrophique», a expliqué Daniel Bekele, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch. «Les combattants de la Séléka tuent des civils et réduisent des villages en cendres tandis que des villageois meurent dans la brousse à cause du manque d'assistance.» Les Agences des Nations Unies et les organisations non gouvernementales humanitaires doivent tout mettre en úuvre pour atteindre les populations affectées, évaluer leurs besoins et leur apporter une aide indispensable, a indiqué Human Rights Watch.

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