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Centrafrique: le «Morepol», une branche armée du KNK

Cette branche armée est sans doute financée et instrumentalisée par le président déchu de la RCA François Bozizé

 

Depuis la déclaration de naissance de cette branche armée sur RFI, les leaders du KNK prônent un silence incompréhensible comme si le KNK qui se veut un parti démocratique est insensible à cette question. Un parti démocratique ne peut cautionner la lutte armée. Or, le KNK ne s’est jamais préoccupé de la question pour prendre position ni faire un rappel à l’ordre à tous ceux qui font des déclarations belliqueuses susceptibles d’envenimer la situation sécuritaire déjà délétère. Le silence vaut consentement, et donc le mutisme notoire des partisans de Bozizé inquiète énormément. Bozizé est parvenu au pouvoir par la voie des armes. Les valeurs démocratiques ne sont pas à l’ordre du jour au sein du KNK. Ce consentement témoigne, ce en quoi Bozizé et ses caciques sacrifient d’ores et déjà sur l’autel des intérêts non seulement la vie des ouvriers KNK qui sont encore naïfs dans son entreprise, mais aussi le peuple en particulier qui ne peut admettre une rébellion en RCA après tout ce que la Séléka a fait et continue de faire aujourd’hui. Et, si le KNK était un parti responsable qui se respecte, Bozizé devrait être rappelé à l’ordre et, à la limite, être sanctionné pour toutes les réunions subversives qu’il continue d’entretenir çà et là depuis son exil au Cameroun. En d’autres termes, le raccourci politique demeure encore pour le KNK un véritable crédo afin d’accéder à la magistrature suprême de l’Etat.

A la chute de François Bozizé, le KNK affiche une division politique de façade et entretient la rébellion armée à travers le Mouvement de Révolution Populaire pour la Libération (MOREPOL). Cette branche armée est pilotée par Levy Yakité, président-fondateur de «COCORA».

 

La transition est de courte durée, et le KNK ferait mieux de préparer les élections et de prouver son assise politique par le suffrage des urnes au lieu de rêver à une lutte armée qui sera suicidaire pour le peuple. Le MLPC avait perdu le pouvoir comme le KNK en 2003, mais en 2005, tant bien que mal, Martin Ziguélé n’étant pas candidat du MLPC, a tout de même relevé le défi politique en mettant François Bozizé en ballotage. Le MLPC sous Martin Ziguélé, après son congrès de 2007, s’est toujours démarqué et opposé à la lutte armée. C’est vraiment bien dommage de voir que le KNK se tait devant le discours belliqueux et suicidaire. Durant dix ans, Bozizé et ses enfants avaient le monopole de l’armée, pour quel résultat aujourd’hui ? François Bozizé donne aujourd’hui raison à tous ceux qui croient que le KNK n’incarne aucune valeur démocratique. De tout ce qui précède, le ministre de l’Administration du Territoire, à travers la direction des affaires politiques, doit interroger le KNK pour se faire une idée de sa vision politique. Car, de deux choses, l’une : soit le KNK cautionne la lutte armée, et donc rayé des partis politiques, soit s’affiche comme un parti politique qui se démarque de Bozizé et de son entreprise guerrière.

En entendant, tous les démocrates convaincus sont devant une situation politique individuelle qu’il faut apprécier. Le pays doit sortir du cycle de la violence pour son développement, et que le KNK cesse de nous distraire à travers la fausse division qui a pour dénominateur commun un accord tacite à la lutte armée afin de reconquérir le pouvoir. De toutes les façons, cela a servi de raison à Vondo l’ouvrier porte-parole pour s’en aller.

 



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