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Bangui: Le PM reçoit enfin les victimes du drame du 14 avril

Ils étaient trois enfants et quelques personnes adultes amputés, victimes des malheureux évènements de l’Eglise de la Fédération des Eglises Evangéliques des Frères

 

En effet, le 4 avril 2013, les éléments de la Séléka ont fait irruption dans le 4ème arrondissement. Ils ont tiré trois obus qui sont tombés successivement sur l’Eglise de la Fédération des Eglises Evangéliques des Frères, faisant plus de quatre morts et plusieurs blessés. Au moment des faits, le président Djotodia avait balayé d’un revers de la main toutes les allégations mettant la Séléka en cause. Mais le temps a passé et le premier ministre a pris sa responsabilité politique de demander pardon au nom du gouvernement aux victimes. Un geste qui jette les bases de la réconciliation réelle, car sans reconnaissance des faits, il ne peut y avoir pardon. Le Premier ministre, à travers son geste, dit «ne pas oublier les victimes». Ainsi, un plan social pour les victimes est en vue pour leur prise en charge, et cela sera supporté par l’Etat. De quoi soulager les victimes qui saluent le geste symbolique du gouvernement à travers le premier ministre. Car, elles se sont battues seule à l’hôpital pour se soigner.

 


© Bêafrika Sango
Le Premier ministre centrafricain, Nicolas Tiangaye
L’heureuse initiative du gouvernement intervient après la mise en place de la commission mixte d’enquête judiciaire et la mise en place du fonds d’indemnisation des victimes. Mais, au-delà de toutes les considérations, le message du premier ministre a rassuré. Le pardon demandé implique la reconnaissance des faits, mais est-ce que cela garantie-t-il la poursuite des auteurs du forfait? Rien n’est moins sûr. L’église de la Fédération Evangélique des Frères a certes été durement touchée, mais elle n’est pas la seule. Cette volonté doit aussi s’élargir à toutes les autres églises touchées durant cette crise. Selon Madame Emilie-Béatrice Epaye, une représentante des victimes, elle s’est dite «soulagée du courage politique du premier ministre». Mais, si le gouvernement a prôné le mutisme sur cette affaire en dépit des versions contradictoires, du fait des propos du président de la transition, mieux vaut tard que jamais, et le premier ministre a franchi un grand pas dans la consolidation et la construction de la paix. Ce geste du PM, Nicolas Tiangaye intervient aussi après le réquisitoire sévère de la Commission Episcopale Justice et Paix» le dimanche 23 juin. La promptitude du premier ministre après le réquisitoire témoigne de ce que l’homme fragilisé attache du prix à la paix et à la cohésion sociale entre les Centrafricains de tout bord.

 



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