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Centrafrique: Etat d'urgence contre la faim

Des associations se mobilisent pour suppléer à líaide du PAM

 

«Des centaines de milliers de personnes, dont 150.000 enfants, sont menacées de famine en République centrafricaine»; c'est l'avertissement solennel lancé par le Programme Alimentaire Mondial, qui demande d'urgence des fonds supplémentaires pour faire face à la crise. La République centrafricaine, ancien Oubangui-Chari, plus étendue que la France, peuplée de 4 millions et demi d'habitants, indépendante depuis 1960, est située au cúur de l'Afrique centrale. Peu après le renversement de Jean Bedel BOKASSA, en 1979, le pays a connu avant la période actuelle, un certain nombre de crises politiques et militaires, qui ont marqué le pays. C'est un pays de forêts et de savane, où, à côté des cultures vivrières comme le mil, le maïs et le manioc, quelques plantations de coton et de café et les diamants Ė principale richesse du sous-sol avec l'uranium -, fournissent l'essentiel des exportations.

Le Programme Alimentaire Mondial déclare avoir besoin d'un apport supplémentaire de 15 millions de dollars sur les huit prochains mois pour nourrir quelque 600.000 personnes en Centrafrique. L'une des causes de cette situation est l'afflux important, l'an passé, de réfugiés de la République Démocratique du Congo qui a considérablement réduit les ressources alimentaires du pays. Celles-ci pourraient s'épuiser d'ici novembre. Sitta Kaï-Kaï, représentante du Programme alimentaire mondial en Centrafrique est formelle : «Nous nourrissons jusqu'à 600.000 personnes, de toutes catégories, des déplacés, des femmes enceintes, des mères allaitantes et des enfants de moins de cinq ans. Nous avons également un programme de cantine scolaire, le seul où les écoliers du niveau primaire ont accès à un repas par jour, parfois deux. Faute de fonds additionnels, les rations alimentaires seront réduites pour quelques 150.000 enfants».

 


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La cathédrale de Bangui
Certes, il faut faire face à l'urgence, mais il faut aussi favoriser et soutenir les actions menées par les populations elles-mêmes en se dégageant de la logique de l'assistanat. Le projet Accord, partenaire du CCFD-Terre solidaire, visant l'amélioration des conditions de vie des populations affectées par la faim, en constitue une illustration exemplaire. Cette association centrafricaine est en effet présente sur le terrain comme acteur de changement à travers l'établissement de relations de confiance avec les communautés locales. L'objet de cette action est de permettre à environ 1.400 personnes structurées en 70 groupements de se prendre en charge à travers le développement des activités de production agricole. Ce projet concerne les préfectures de l'Ouham et Nana Gribizi dans le nord du pays, très affectées par les conflits, et la préfecture de Ombella Mpoko dans la région de Bangui, la capitale, appauvrie par un exode rural important.

Dans ce contexte, l'association Acord apporte l'assistance logistique et l'encadrement technique nécessaire à la mise en úuvre du projet. Il fournit aux populations des semences vivrières Ė céréales et maraîchage Ė adaptées aux terrains et aux habitudes alimentaires des populations. Il équipe également les producteurs du petit outillage dont ils ont besoin. Le soutien s'effectue aussi à l'échelon des groupements agropastoraux en leur apportant des petits animaux, comme porc et chèvres, et en favorisant la formation des producteurs et éleveurs aux nouvelles techniques agropastorales. De nombreuses régions pauvres de Centrafrique pourront bénéficier à l'avenir de ce projet pilote mené par Acord. A nous d'être attentifs à soutenir des associations locales qui prennent en main leur propre développement.

 



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