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Centrafrique: Le troisième gouvernement de transition est connu

Les postes-clés de líéquipe du Premier ministre Nicolas Tiangaye restent aux mains des anciens rebelles du Séléka

 

Composé de 34 membres, le nouveau gouvernement annoncé et tant attendu comprend 9 ministres issus de la coalition rebelle Séléka, qui a pris le pouvoir fin mars à Bangui, 7 issus de l'ancienne opposition et deux anciens proches du président déchu, François Bozizé. Les seize autres membres sont issus de la société civile et de différentes formations politiques. Comme on pouvait si attendre, parmi les «grandes» figures du Séléka, se retrouvent aux postes clés: Gontran Djono aux mines, Nourendine Adam, chef de la rébellion de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), à la Sécurité, Mohamed Moussa Dhaffane aux eaux et forêts, ainsi que Christophe Gazam Betty à la communication. Le président, Michel Djotodia, assumera quant à lui la charge de ministre de la défense.

 


© AFP
Le Premier ministre centrafricain, Nicolas Tiangaye, à Bangui le 27 mars 2013
Ce gouvernement qui a tardé à arriver survient alors que se tient demain vendredi à Libreville au Gabon un sommet extraordinaire des chefs díEtats et de gouvernements de la Cemac. Líordre du jour portera entre autre sur la crise centrafricaine et notamment la délocalisation du siège de Bangui vers une autre capitale sud-régionale. Le président de Transition qui a validé le nouveau gouvernement y est attendu. Ces nominations interviennent sous la pression des chefs d'Etat d'Afrique centrale, réunis en avril dernier à N'Djamena sur la crise centrafricaine. M. Tiangaye avait alors promis que toutes les sensibilités politiques seraient représentées dans son nouveau gouvernement, pour faciliter la transition en cours dans le pays. Or selon les observateurs avertis, contrairement aux promesses du Premier ministre en avril à N'Djamena, les différentes sensibilités politiques du pays sont minoritaires dans son nouveau gouvernement.

Si du côté de l'ancienne opposition, le poste de ministre de l'équipement et porte-parole du gouvernement reste à Crépin Mboli Gonda proche du PM et les télécommunications à l'opposant Henri Pouzère, parmi les 8 nouvelles personnalités qui font leur entrée au gouvernement, ne figure qu'un seul ancien proche de Bozizé, ce qui porte leur nombre total à deux: Claude Lenga, nommé aux droits de l'homme, et l'ancien porte-parole de la présidence Gaston Mackouzangba, à la fonction publique. Quant aux femmes, elles ne sont que trois dans cette nouvelle équipe et représentent la société civile. Le premier ministre sortant, lui-même issu de l'opposition, a été reconduit dans ses fonctions par le président de la République et ex-rebelle Michel Djotodia. Entérinant, le fait que le PM ne peut être révoqué durant la période de transition.

Le cahier de charge de la Transition
En arrivant à Libreville, seul interlocuteur reconnu au niveau international, Me Nicolas Tiangaye níaura pas épuisé tous les points de la feuille de route, fixés par les instances de la sous-région et les éléments exigés pour une Transition apaisée. Cependant, le nombre des membres du CNT a été porté de 105 à 135 membres, lesquels sont déjà parvenus à líélaboration de deux textes importants notamment le Règlement Intérieur du CNT et le Code Électoral. Restent du côté du PM, le déclenchement du processus du DDR et la concrétisation du cantonnement des ex-rebelles Séléka.

Cíest ainsi que le président du Conseil national de Transition Alexandre Ferdinand Nguéndet a envisagé pour le mois de juillet 2013, líouverture díune session ordinaire qui aura à examiner les projets de textes instituant la Cour Constitutionnelle et le haut Conseil de Transition. De même, líexamen de la Charte Constitutionnelle de Transition qui a pour objet díorganiser líensemble des pouvoirs publics de la transition, suite à la suspension de la Constitution du 27 novembre 2004 et la dissolution des institutions de la République, a été également renvoyée à la prochaine session du CNT, afin de permettre dit-on à toutes les institutions de la République de líétudier pour y apporter leurs contributions et amendements éventuels.

 



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