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République centrafricaine: les urgences de la transition

L’International Crisis Group dresse un premier bilan et des recommandations en direction des différents intervenants dans la crise

 

Dans son dernier rapport, République centrafricaine: les urgences de la transition, l’International Crisis Group dresse un état des lieux de la situation en RCA après le coup d’Etat mené par la coalition rebelle de la Seleka en mars 2013, qui a mis un terme à dix ans d’exercice du pouvoir par François Bozizé et plongé le pays dans une nouvelle crise. L’absence d’Etat, la fragilité de la Seleka et les tensions entre chrétiens et musulmans rendent cette transition incertaine.

 


© crisis-group
Les conclusions et recommandations principales du rapport sont:
1- Rétablir la sécurité est primordial afin de stabiliser le pays et de relancer l’économie. Les anciens rebelles doivent être cantonnés à l’extérieur de Bangui et un programme de désarmement, démobilisation et réintégration des combattants de la Seleka doit être mis en œuvre avec le soutien des partenaires traditionnels de la RCA.
2- Il est nécessaire de mettre en œuvre une réforme du secteur de sécurité et de procéder à une intégration sélective et limitée des combattants dans les forces de sécurité, en fonction de normes de recrutement bien définies et de quotas préalablement fixés.
3- Le Comité de suivi de l’accord de Libreville, établi après la signature de l’accord en janvier 2013 et présidé par le président congolais Denis Sassou Nguesso, doit être la boussole politique de la transition. Il doit s’assurer du respect des engagements pris lors des sommets de Libreville et de Ndjamena concernant la sécurité, l’organisation des élections, la restauration de l’administration ainsi que les réformes judiciaires et économiques.
4- L’organisation des élections dans un délai d’un an et demi est un objectif irréaliste. Une mission électorale exploratoire des Nations unies devrait se rendre rapidement en RCA pour évaluer la situation, proposer un plan d’action, un budget et un chronogramme réalistes pour l’organisation des élections.

«Cette nouvelle crise sanctionne plusieurs décennies de mauvaise gouvernance et de déclin économique en Centrafrique», affirme Thibaud Lesueur, analyste pour l’Afrique centrale de Crisis Group. «Depuis trop longtemps, la sécurité de la RCA est externalisée et les services sociaux sont en grande partie assurés par des acteurs non étatiques, notamment étrangers».
«Cette crise constitue un test pour l’architecture de paix et de sécurité de la région», ajoute Comfort Ero, la directrice du programme Afrique de Crisis Group. «L’Union africaine, la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale, les Nations unies et l’Union européenne devraient organiser un retour d’expérience pour identifier les problèmes rencontrés et améliorer la prévention et la gestion de crise à l’avenir».

 



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