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Chef d’Etat de la Cémac: le sommet des batailles rangées

Sauf changement de dernière minute, la conférence se tiendra en session extraordinaire ce mois de juin à Libreville au Gabon

 

D’ores et déjà, les dossiers officiels – face visible de l’iceberg- sont connus. Rien à signaler de ce côté-là. A n’en point douter, le piquant de ce sommet réside dans la face immergée de l’iceberg, en l’occurrence le contexte et l’environnement qui encadrent cette rencontre. En effet, le sommet se tient alors que les chefs d’Etat de la Cémac sont divisés sur le cas centrafricain. En acceptant d’accueillir durablement le président déchu François Bozizé, le chef de l’Etat du Cameroun s’est mis à dos ses homologues de la sous – région. Pour infléchir la position de M. Paul Biya, les présidents tchadien et équato-guinéen sont à la manœuvre, sollicitant la diplomatie formelle et les pressions de couloirs. Les nouveaux hommes forts de Bangui ne sont pas en reste. Ils multiplient des actes positifs et négatifs en direction du pouvoir de Yaoundé. Le dernier en date est le mandat d’arrêt international lancé par la justice centrafricaine contre le président déchu François Bozizé. Pour crime contre l’humanité et incitation au génocide présumé. En plus d’Interpol, le procureur de Bangui aurait saisi la justice camerounaise dans ce sens. Ce qui met davantage de l’huile au feu de la bataille rangée entre les chefs de la sous-région.

 


© Intégration
Le choix du siège provisoire de la Cémac compte aussi parmi les batailles du sommet de la capitale gabonaise. La commission de la Cémac sera délocalisée. Libreville est prête à l’accueillir. Toutes les conditions sont réunies pour ce faire. Alors que la cause semblait entendue, le Président Téodoro Obiang Nguema est monté au créneau pour revendiquer le siège de la commission. Du coup, le dossier doit attendre l’arbitrage de la conférence des chefs d’Etat de la Cémac. On ne saurait finir sans invoquer la bataille des régulateurs des bourses d’Afrique centrale. Celle-ci fait rage et pourrit l’économie sous régionale. En effet, l’actualité de ces dernières semaines a révélé un accès de fièvre dans la relation entre la Cosumaf (régulateur régional) et la Cmf (gendarme boursier camerounais).

De fait, à Douala, l’on continue de clamer que toute opération initiée par la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale doit recevoir l’aval de la commission des marchés financiers du Cameroun. Une façon de voir les choses battue en brèche par la commission des marchés d’Afrique centrale. C’est dire si le processus de rationalisation des deux bourses sous l’égide de la Bad a de mauvais jours devant lui. Au dernier sommet des chefs d’Etat à Brazzaville, le sujet avait été ajourné sine die. Qu’en sera-t-il cette fois-ci? La bataille est loin d’être gagnée pour la communauté. Et le sommet annoncé est à juste titre celui des batailles rangées entre chefs d’Etat. C’est dire si l’intérêt communautaire est une guerre qui se gagnera à l’usure.

 



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