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Centrafrique: François Bozizé brouille les pistes

Deux mandats d’arrêt internationaux ayant été émis par son pays contre l’ancien président centrafricain, il serait à la quête d’un nouveau refuge

 

Selon plusieurs sources, le président déchu centrafricain François Bozizé qui est annoncé tantôt au Kenya, tantôt en Afrique du Sud et tantôt au Benin, aurait bien quitté le Cameroun le dimanche 2 juin 2013 à bord d’un vol commercial régulier de la compagnie nationale kenyane Kenya Airways. Accompagné d'un garde du corps, François Bozizé serait arrivé à l'aéroport international de Yaoundé-Nsimalem comme un passager ordinaire. N’ayant pas été annoncé par les officiels camerounais, il n’a pas eu droit à un aménagement protocolaire particulier. Si rien n’a filtré sur le motif et la destination finale de son déplacement, il est constant que la présence de François Bozizé au Cameroun était devenue véritablement un sujet de préoccupation pour les pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) en général et pour la Rca, le Tchad et le Cameroun en particulier.

 


© La Nouvelle Tribune
En quête de refuge...
La machine judiciaire en marche
Ce que nous redoutions est arrivé. Ndjamena et Bangui sont passés à la vitesse supérieure en faisant monter la pression sur Yaoundé. Envoi d’émissaires avec message adressé au président de la République et autres moyens de pressions diplomatiques. Le deuxième mandat d’arrêt international a été lancé le vendredi 31 mai 2013 contre François Bozizé. Le procureur de la République centrafricain Alain Tolmo vient donc de lancer un deuxième mandat d’arrêt contre François Bozizé après celui du ministre centrafricain de la justice. D’autres mandats d’arrêts internationaux sont en cours d’émission contre d’autres personnalités concernées par la commission des faits contenus dans les réquisitoires de l’information.

Si certaines sources laissent croire que François Bozizé sera bientôt de retour au Cameroun, des sources humanitaires inclinent plutôt dans le sens d’un départ définitif de l'ancien chef d'Etat centrafricain du Cameroun. Le voyage de François Bozizé est intervenu au moment où le nouveau pouvoir centrafricain, qui l'avait déjà inculpé de crimes contre l'humanité, vient d'émettre un deuxième mandat d'arrêt international à son encontre. Pour Alain Tolmo: «L’enquête est effectivement ouverte et la machine judiciaire est à pieds d’œuvre. A la date d’aujourd’hui, un mandat d’arrêt international a été émis contre le principal auteur, François Bozizé Yangouvounda», a-t-il déclaré à la presse. Selon le procureur de république centrafricain, les chefs d’accusations contre l’ancien chef d’Etat centrafricain sont multiples et graves: «Il s’agit de 22 assassinats, 53 arrestations et séquestrations arbitraires, la destruction et l’incendie des maisons d’habitations, chiffrée à 3823. Les exécutions sommaires qui se chiffrent à 119 et des crimes relevant du statut du Cour pénale international», a-t-il signalé.

Ame en peine cherche pays d’accueil
Selon le procureur de la République Alain Tolmo, qui a indiqué que toutes ces infractions trouvent leur existence dans le dispositif pénal centrafricain, depuis le 2 mai 2013, une enquête a été ouverte «contre François Bozizé et ses complices». Dans un communiqué signé le 25 mars dernier par le secrétaire général de la présidence de la République Ferdinand Ngoh Ngoh, le gouvernement annonçait que «le président François Bozizé a cherché refuge au Cameroun, dans l'attente de son départ vers un autre pays d'accueil». L’Afrique du Sud et le Benin font partie des pays qui avaient émis le vœu d’accueillir le président François Bozizé lorsqu’il s’était réfugié au Cameroun au lendemain du coup d’état du dimanche 24 mars 2013. Pretoria avait même envoyé un contingent de son armée à Bangui pour tenter de sauver le régime de François Bozizé. En vain. L’Afrique du Sud y a perdu en tout quatorze soldats face à la coalition rebelle Seleka. Treize soldats sud-africains avaient été tués pendant la bataille de Bangui le 23 mars 2013. Un quatorzième soldat était mort des suites de ses blessures en Afrique du Sud. Après avoir subi de lourdes pertes, le président sud-africain Jacob Zuma avait décidé de retirer les forces sud-africaines en Centrafrique.

Dix jours après le renversement du président François Bozizé, la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (Ceeac) avait tenu à Ndjamena un sommet extraordinaire consacré à la situation en Centrafrique le mercredi 3 avril 2013. Les chefs d'Etat d'Afrique centrale avaient encouragé le chef de l'Etat béninois Thomas Boni Yayi à répondre favorablement à une éventuelle demande d'asile que pourrait lui adresser Francois Bozizé et sa famille. François Bozizé n’avait pas à ce moment-là formulé de demande d’asile. L’a-t-il fait entre-temps? Pour le Bénin ou pour un autre pays? François Bozizé est une âme en peine qui cherche un pays d’accueil en brouillant les pistes. Pour éviter de se faire prendre par les mandats d’arrêt internationaux lancés contre lui.

Source: lanouvelleexpression.info

 



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