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Centrafrique: un moratoire sur l'exploitation des diamants

Líannonce faite par le président Djotodia intervient au moment où se tient à Prétoria, une session du processus de Kimberley

 

Parmi les principales mesures que le président de Transition entend prendre figurent la création d'une bourse de diamants centralisée, l'interdiction des transactions en espèces et des contrôles renforcés. Ces déclarations ont été faites au cours díune interview donnée à líAgence France Presse et il entend tout faire pour que líon ne parle plus de «diamant de guerre en Centrafrique.» Le pays, un des cinq plus gros producteurs mondiaux de diamants, a été suspendu le 23 mai, selon la présidence, du processus de Kimberley, système international de certification des diamants bruts. Ce processus qui tient en ce moment en Afrique du Sud, une session ordinaire au cours de laquelle, la situation de la Centrafrique sera de nouveau examinée.

 


© kimberleyprocess.com
Un moratoire pour des diamants purs et saints
Après la suspension du pays au mois de mai 2013, le ministre des mines avait déploré une décision «pénalisante et aberrante» compte de la place des recettes générées par cette ressource dans líéconomie centrafricaine. En effet, «l'industrie du diamant fait vivre aujourd'hui plus de 900 000 concitoyens Ė soit près d'un cinquième de la population (5 millions habitants) Ė qui vont être les premières victimes de la suspension. Nous comprenons que des doutes puissent exister mais nous sommes dans un processus d'ouverture et de transparence pour apporter toutes les clarifications nécessaires» a indiqué le chef d'Etat. Cependant, force est de constater que depuis le début des troubles aucune certification níest plus possible sur líorigine des pierres précieuses. A Bangui, un responsable de líAlliance pour le développement des ouvriers miniers en Centrafrique (ADOMC) confirme que «cíest vrai quíaujourdíhui le pays ne peut pas garantir la transparence. (Ö) Les diamants extraits dans le nord-est sont exportés díabord dans les pays voisins, comme au Tchad. Une partie arrive ensuite en Italie et dans les pays du nord de líEurope.» Cette session de juin du processus de Kimberley, se tient jusquíau 7 juin prochain.

Par le passé, la production centrafricaine a toujours été entourée de zones d'ombre en raison de la corruption des différents régimes mais aussi de la présence de groupes armés et rébellions autour de sites de production. Des soupçons pèsent sur le financement par des diamantaires de la rébellion Séléka qui a renversé le président François Bozizé en mars. Des accusations réfutées par le président Djotodia. Les pierres précieuses de Centrafrique sont célèbres, notamment en raison de «líaffaire des diamants» qui avaient entaché en 1979 la présidence française de Valéry Giscard d'Estaing, accusé d'avoir reçu des gemmes de la part du fantasque empereur Jean-Bedel Bokassa (au pouvoir de 1966 à 1979).

 



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