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Centrafrique: Timide reprise des activités à l’université de Bangui?

Seuls quelques départements ont relancé leurs activités. Cette situation serait intimement liée aux salaires d’avril et mai 2013 qui n’ont pas été versés jusque-là

 

La cour de l’université de Bangui se remplit de jour en jour, sauf que les enseignements sont loin d’être présents. Les étudiants répondent progressivement à l’appel lancé par les autorités centrafricaines en général et éducatives en particulier. De leur côté, les professeurs campent sur leur position et seuls quelques départements ont effectivement relancé les activités. Il s’agit entre autres des départements des Sciences de l’Information et de la Communication, de la sociologie, de l’anthropologie, de droit et Sciences politiques, de la gestion et de l’économie… Au niveau de certains départements, les étudiants sont encore dans l’attente de la délibération des examens de l’année 2011-2012 tandis que d’autres sont en train de reprendre l’année 2012-2013. Au niveau administratif, les inscriptions pour le compte de l’année 2012-2013 ont été relancées par le rectorat depuis deux semaines.

 


© ugo.cn/photo
Recommencer à fréquenter l'université de Bangui?
La timide reprise des activités sur le campus universitaire de Bangui serait liée à la revendication des enseignants qui ont posé deux conditions au gouvernement pour une reprise effective. Lors d’une conférence de presse organisée par le syndicat des enseignants du supérieur, ces derniers réclamaient le payement de deux mois de salaires et la garantie totale de la sécurité tant pour les professeurs que pour les étudiants. «Nous avions tout dit aux autorités. Les cours ne reprendront réellement à l’université de Bangui que lorsque les deux mois réclamés par tous seront versés et les quotas sécuritaires garantis. Les étudiants sont certes venus en masse, mais les cours ne pourront commencer que si ces conditions sont réunies» a confié un professeur membre du SYNAES rencontré sur le campus et qui a souhaité garder l’anonymat. Dans la même logique, un autre professeur déclare «[qu’il n’est pas question de reprendre les cours comme le demandent les nouvelles autorités. Notre syndicat avait déjà tout dit et donc la balle est dans le camp du gouvernement, s’il pose les gestes attendus, nous reprendrons, c’est d’ailleurs le souci de tous, mais nous devons rester vigilants pour éviter toute tromperie]». Un autre professeur du supérieur qui a dispensé ses cours donne aussi les raisons de son geste «je crois que nous avons pu poser nos conditions et les autorités ont fait des promesses qui rassurent donc j’ai repris pour avancer dans le programme en attendant de voir la réponse concrète du gouvernement, mais je reste toujours collé aux revendications légitimes du syndicat, mais nous devons voir d’ici le 05. Si rien n’est fait dans le sens de la réalisation des promesses, nous cesserons immédiatement les cours sur le campus universitaire. Donc il ne s’agit pas d’une certaine désolidarisation de ma part comme certains pourraient l’imaginer».

Les deux revendications du syndicat des enseignants du supérieur sont partagées par plusieurs autres syndicats des travailleurs de l’Etat. Le syndicat des enseignants du fondamental 1 a aussi posé ces deux revendications comme conditions préalables de toute reprise effective des activités. Dans ces conditions il parait évident que la balle est dans le camp des autorités centrafricaines à qui il revient de payer les salaires, de dégager les conditions viables de travail et surtout la sécurité. Plus de deux mois après le renversement du régime de François Bozizé par la coalition Séléka, le pays continue de sombrer dans l’inactivité et le désordre. Seule la police, la gendarmerie et les Forces Armées Centrafricaines depuis deux jours ont repris leurs activités. Le reste des services demeure amorphe à cause, principalement de l’insécurité grandissante dans la ville de Bangui et en province.

 



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