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GNT: L’arbre cache mal la forêt

Le PM Nicolas Tiangaye a une fois de plus jeté un pavé dans la mare, en déclarant aux Nations-Unies qu’il faudrait désarmer par la Force les éléments de la coalition Séléka

 

Au lendemain de cette déclaration, des voix discordantes s’élèvaient au sein de la classe politique centrafricaine et notamment du Conseil National de Transition (CNT) pour dénoncer encore le manque de concertation sur ce dossier très sensible difficile et complexe. Il est important de souligner que cette déclaration a été diversement appréciée par les uns et les autres. Au niveau des états-majors de la coalition Séléka d’aucuns disent que le premier ministre a jeté un pavé dans la mare, en mettant la charrue avant les bœufs. D’autres pensent qu’il faut prendre le taureau par les cornes pour permettre au Gouvernement national de Transition de pacifier tout le Territoire, afin d’organiser les élections présidentielle et législatives dans des conditions optimales et apaisées, conformément à le feuille de route telle que définie par les Chefs d’Etat de la CEEAC, lors du Sommet du 3 avril dernier dans la capitale tchadienne. Au lieu de privilégier le dialogue et la concertation avant toute prise de décisions politiques, certaines autorités de la Transition font des envolées lyriques sans prendre les mesures de leurs actes et surtout, sans se soucier des conséquences au plan politique que cela peut avoir sur les cours des événements. Là où le bât blesse, cette déclaration n’a pas fait l’objet de concertation préalable entre toutes les parties signataires des Accords de Libreville, du 11 janvier 2013, quand bien même la situation sécuritaire demeure préoccupante, alarmante et alarmiste. Il est difficile de remettre en cause cette réalité. Mais…

 


© leconfident.net
Le PM de Centrafrique Nicolas Tiangaye
Attention! Casse-cou
En effet, ces genres de déclarations à la va vite et les différentes interrogations sont de nature à divertir le Centrafricain lambda qui ne cache plus son amertume devant le drame qu’il vit au quotidien et surtout l’immobilisme du Gouvernement national de Transition qui, disons-le semble naviguer à contrevent. Ne dit-on pas que: «Pour bien gouverner, il faut être féru d’histoire et friand de perspectives». À l’allure où les affaires de ce pays sont gérées par certaines autorités de la Transition (absence de programme politique chiffré ou un plan Marshall à l’instar des pays de l’Afrique de l’Ouest), notre chance de sortir de crise s’amenuise chaque jour. Pour preuve depuis trois mois les centrafricains et la Communauté internationale attendent des signaux forts et des actes concerts de la part du GNT, principalement dans le domaine de l’Economie pour relancer les activités génératrices de revenus, de l’éducation nationale pour éviter le Spectre de l’année blanche qui se profile à l’horizon. Dieu merci, le président Michel Djotodia a vite compris les préoccupations des enseignants. Vigilance aidant, le Chef de l’Etat s’est prêté au jeu du Sapeur –Pompier pour désarmer la crise, en annonçant des mesures concrètes qui ont mis du baume dans le cœur des fonctionnaires, prêts à en découdre avec le gouvernement. Il y a également le volet Santé avec les dégâts enregistrés dans les hôpitaux et autres après le passage des éléments de la Coalition Séléka. Aujourd’hui les malades et les personnes victimes des violences et exactions de certains éléments de la coalition Séléka sont laissés pour compte. Que fait le gouvernement Nationale de Transition pour alléger leurs souffrances?

Les associations caritatives et humanitaires dans le domaine de la Santé éprouvent d’énormes difficultés pour les assister. C’est un véritable cauchemar pour ces populations qui ne savent plus à quel saint se vouer. Face à ce drame, nous devons rompre avec un passé d’incompréhension, de misères physiques et morales et marcher hardiment vers un avenir meilleur. Mais quand ou constate qu’on a fait fausse route, un lieu de s’éloigner toujours davantage au vrai chemin, on doit s’arrêter, faire demi-tour et aller plus vite pour rattraper de temps perdu. Les autorités politiques de la Transition doivent comprendre que la Centrafrique est une et indivisible. Pour ce faire, elles doivent conjuguer leurs efforts et cesser de jouer au prestidigitateur. «Qui veut aller loin ménage sa monture» Evitons la guerre des Chefs, les amalgames, les fausses notes, les jeux de croc-à jambe et surtout les improvisations initiales, susceptibles de compromettre notre chance de sortir ce pays du bourbier dans lequel nous l’avions plongé. Les Centrafricains souhaitent une Transition apaisée. Le contraire serait suicidaire au point même de voir notre pays et ceux de la sous-région s’embraser.

 



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