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Afrique du Sud: Desmond Tutu dit non à L’ANC

L’archevêque anglican dénonce la corruption et les inégalités observées au sein du parti au pouvoir depuis 19 ans

 

La rupture est consommée entre l’ANC et le charismatique archevêque anglican Desmond Tutu. Il a décidé de prendre ses distances avec le parti historique de lutte anti-apartheid pour exprimer son mécontentement. Il a annoncé vendredi 10 mai qu'il ne voterait «plus pour l'ANC», le parti qui a porté Nelson Mandela au pouvoir en Afrique du Sud il y a tout juste 19 ans. «J'ai voté toutes ces années pour l'ANC (Congrès national africain), mais malheureusement je ne pourrais plus voter pour eux vu la manière dont les choses ont tourné», a déclaré l'archevêque dans un billet d'opinion dans le Mail & Guardian. «L'ANC a très conduit la lutte de libération contre l'oppression (. . .)», a expliqué Mgr Tutu. «Mais . . . l'unité forgée dans le combat pour la libération ne facilite pas la transition vers un parti politique», a souligné le prélat, qui est sorti de l'hôpital la semaine dernière après avoir été soigné avec succès pour une "infection persistante".

 


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Mgr Tutu, 81 ans, fait toujours entendre sa voix haut et fort contre les injustices
Officiellement à la retraite, Mgr Tutu, 81 ans, fait toujours entendre sa voix haut et fort contre les injustices. Il est considéré comme la conscience morale de son pays et a déjà eu l’occasion, à plusieurs reprises, de critiquer l’ANC. Comme en 2011, quand le gouvernement avait refusé, pour ne pas contrarier Pékin, de délivrer un visa au Dalaï-Lama, invité à son 80e anniversaire. Mais Desmond Tutu n’avait jamais été aussi loin. L’ANC a gagné les premières élections multiraciales et installé, le 10 mai 1994, le premier président noir de l’histoire du pays, Nelson Mandela. Thabo Mbeki et Jacob Zuma ont depuis succédé au héros de l’Afrique du Sud, mais sans tenir toutes les promesses de la lutte contre l’apartheid. Pour Desmond Tutu, la situation s’aggrave même. «Notre potentiel est immense, et c’est une très grande douleur pour les vieilles générations, dont je fais partie, de voir notre pays se détériorer», écrit-il. «C’est une grande douleur de constater que nous vivons toujours avec cette forme d’inégalité que nous dénoncions du temps de l’apartheid» Au cours de cette sortie publique, l’homme d’église a demandé à la population de commencer à se préparer à un possible départ de Nelson Mandela déjà affaiblit par le poids de l’âge.

 



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