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Centrafrique: Une star chinoise contre la tuerie des éléphants

l'actrice Li Bingbing appelle l'Asie à prendre conscience du «massacre» qui se déroule dans le pays de Barthélémy Boganda

 

Les consommateurs, notamment en Asie, principale destination du trafic d'ivoire, doivent prendre conscience que les objets en ivoire sont le résultat d'un «massacre» des éléphants, a estimé l'actrice chinoise Li Bingbing, ambassadeur de bonne volonté du Programme de l'ONU pour l'environnement (Unep), en visite au Kenya. «La seule raison pour laquelle les humains braconnent les éléphants sont leurs défenses. Je veux donc faire passer le message, il faut cesser l'hécatombe, parce qu'il y a du sang, un massacre et du braconnage derrière les superbes sculptures et bijoux» en ivoire, a déclaré Li Bingbing, star dans son pays. L'Asie, et notamment la Chine, est le principal marché du trafic d'ivoire, selon l'Unep qui rappelle que les saisies d'ivoire destinées au continent asiatique ont doublé depuis 2009. «De nombreux consommateurs en Asie ne réalisent pas qu'en achetant de l'ivoire ils jouent un rôle dans le commerce illégal de la faune sauvage et (contribuent à) ses graves conséquences», a expliqué ce lundi l'actrice à Nairobi. Les citoyens et la communauté des affaires en Asie «peuvent jouer un rôle crucial dans la prévention de la tuerie illégale des éléphants en Afrique en disant non aux produits en ivoire», a estimé Li Bingbing.

 


© afp
L'actrice chinoise Li Bingbing lors d'une conférence de presse au siège du PNUE à Nairobi, capitale du Kenya
Le WWF demande la mobilisation de troupes
Líactrice chinoise monte ainsi au créneau après que líONG internationale WWF ait dénoncé le massacre de 26 éléphants par des braconniers dans le site classé au patrimoine mondial de l'humanité de Dzanga Bai, au sud-ouest de la Centrafrique. Les 17 individus armés de kalachnikov «se sont présentés comme faisant partie des forces du gouvernement de transition (Séléka)», au pouvoir depuis six semaines, ajoute l'ONG. Le WWF demande à Bangui de tenir «immédiatement sa promesse prise il y a deux semaines» de mobiliser des troupes pour mettre un terme au braconnage dans la région. L'association souhaite également que le Cameroun et le Congo voisins viennent en appui à la Centrafrique pour protéger cette réserve.

Un appel à la communauté internationale
Mardi, 7 mai, le WWF avait déjà alerté les médias de la présence de ces braconniers dans le parc, appelant «la communauté internationale à aider à rétablir la paix et l'ordre en République centrafricaine qui a été secoué par la violence et le chaos depuis le début de l'année» et à aider «à préserver ce site unique du patrimoine mondial». En vain. L'avertissement était pourtant très clair. Ces hommes menacent «de provoquer un des plus grands massacres d'éléphants dans la région depuis que les braconniers ont tué au moins 300 éléphants pour leur ivoire dans le parc national de Bouba N'Djidda (nord du Cameroun) en février 2012», écrivait le WWF dès mardi, avant de savoir que le drame avait bien eu lieu. En mars, la coalition rebelle Séléka a renversé le régime du président François Bozizé mais elle peine à rétablir l'ordre dans le pays et l'armée est complètement désorganisée.

 



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