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Exactions: des membres des FACA pris pour cible

Líong internationale Human Rights Watch vient de commettre un rapport sur les cas de graves violations des droits humains à l'encontre des civils et des forces de défense nationale en RCA

 

Après le succès du coup d'État le 24 mars, de nombreux membres des FACA se sont cachés à Bangui ou ont abandonné leurs postes en raison de l'insécurité et par crainte pour leur vie. Human Rights Watch a documenté plusieurs exécutions extrajudiciaires de membres des FACA par des membres de la Séléka. Dans un de ces incidents, un homme qui avait travaillé comme chauffeur dans l'armée a été forcé par des membres de la Séléka à conduire des véhicules jusqu'au Tchad, selon des membres de sa famille et des témoins. Quelques jours après son retour, des éléments de la Séléka sont venus chez lui pour le tuer. Ils ont attaqué sa maison mais le chauffeur a pu s'échapper par une fenêtre. Mais le lendemain, les forces de la Séléka l'ont capturé près du quartier de Kilo 5, à environ cinq kilomètres au nord-ouest de Bangui. Un témoin a dit à Human Rights Watch: «Je l'ai vu de mes propres yeux, assis dans la camionnette de la Séléka. Ils avaient déjà commencé à le passer à tabacÖ. Il ne voulait pas montrer qu'il me connaissait. Il pleurait.» Son corps a été retrouvé plus tard, près du siège de la Croix-Rouge. Il avait été abattu de plusieurs balles.

 


© afp
Des combattants de la coalition rebelle Seleka devant le palais présidentiel à Bangui, peu après leur arrivée dans la capitale de la République centrafricaine, le 25 mars 2013
Des témoins ont également dit à Human Rights Watch que les forces de la Séléka avaient exécuté sommairement, le 17 avril à Bangui, un homme qui était sergent dans les FACA. Le sergent a reçu un coup de téléphone d'un homme qu'il connaissait, lui demandant de venir à une réunion, mais quand il est arrivé, les forces de la Séléka l'ont arrêté. Des membres de sa famille se sont rendus dans plusieurs postes de police de la capitale pour tenter de le retrouver. Après des heures de recherche, ils ont entendu dire que des cadavres avaient été découverts à l'extérieur de Bangui, au pont de Sceaux, dans un secteur appelé PK 15, et se sont rendus sur place. Ils ont trouvé le corps du sergent, qui portait des signes de torture, des impacts de balles et des blessures à la machette. Des témoins qui s'étaient rendus près du pont ont indiqué à Human Rights Watch que les cadavres de sept autres militaires des FACA y avaient été découverts.

La réponse du gouvernement
Human Rights Watch a interrogé des responsables gouvernementaux représentant la Séléka, dont le président Michel Djotodia, le ministre de la Sécurité publique Noureddine Adam, le ministre des Eaux et forêts Mohamed Moussa Dhaffane et le ministre de la Justice Arsène Sende. Tous ces dirigeants ont reconnu que des abus avaient été commis à Bangui après que la coalition se fut emparée de la capitale, mais ils ont tous accusé des membres des forces armées du précédent gouvernement et des milices pro-Bozizé d'être responsables des pillages et des autres violations des droits humains. Ils ont affirmé qu'une centaine de «faux» combattants de la Séléka avaient été arrêtés et étaient gardés à vue, dans l'attente d'être inculpés.

Le président Djotodia a créé par décret une Commission nationale d'enquête chargée de mener des investigations et de produire un rapport sur les crimes et les violations des droits humains commis dans tout le pays depuis 2002. Interrogés au sujet de cette commission, le président et le ministre de la Justice ont tous deux affirmé que cette commission aurait pour mandat d'enquêter sur les exactions commises non seulement sous le précédent gouvernement, mais aussi par les troupes de la Séléka depuis décembre 2012.

Líarticle initial: République centrafricaine: De nombreuses exactions ont été commises après le coup d'État

 



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