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RCA: un mois après le coup díEtat de la Séléka

Malgré quelques signes sur le plan sécuritaire, le retour à la normale se fait attendre et les exactions sont toujours recensées à Bangui et dans les provinces

 

Líune des raisons évoquées par les rebelles de la Séléka pour prendre le pouvoir à Bangui était líincapacité de líex-président François Bozizé à instaurer un climat de sécurité dans le pays. Cíest du moins ce que prétendait le nouvel homme fort de la Centrafrique, Michel Djotodia lors de sa croisade. Seulement, un mois après ce coup díEtat contre François Bozizé, la situation sécuritaire síest empirée tant à Bangui que dans líarrière-pays. Selon RFI, il y a une dizaine de jours, sur l'axe Mbrès-Kaga Bandoro, après une altercation entre des villageois exaspérés par les pillages et des ex-rebelles, un élément de la Seleka aurait été tué. Les représailles n'ont pas tardé. Selon une source humanitaire, des dizaines de maisons ont été brûlées et au moins onze villageois ont été tués. Informé de cet incident grave, le ministre de la Sécurité, le général Noureldine Adam, a promis une enquête. Signe que la cohabitation entre les populations et les rebelles devient de plus en plus malsaine.

 


© Hippolyte Donossio
Le chef de l'ex-coalition rebelle Michel Djotodia
Pour tenter de calmer la situation, le président Michel Djotodia síest mis à la recherche de líargent pour caserner les combattants qui líont porté au pouvoir. Mais ces derniers font de la résistance et demanderaient à être payés, tout en se servant sur la population encore et encore. Plusieurs fois, les habitants des villes et des villages sont pillées rackettés, traumatisés, au point où, la seule solution reste la brousse ou líexil. Si le cantonnement permettra de désengorger la capitale, il níest pas sûr que la quiétude et la sérénité perdues reviennent de sitôt.

Sur le plan socioéconomique, les administrations sont dévastées autant que les sociétés privées et publique. Les activités socioéconomiques peinent à se relancer, malgré líappel à la reprise des nouvelles autorités. Sur les marchés, les commerçants hésitent encore à exposer les marchandises de peur díêtre dépossédés de leurs biens. La situation est díautant plus angoissante que les fonctionnaires (qui ne demandaient pas grand-chose) accusent déjà deux mois díarriéré de salaires. Pour sa part, le gouvernement a affirmé que les caisses de líEtat sont vides et la mission internationale de plaidoyer faite par le Premier ministre de transition, Nicolas Tiangaye, nía pas obtenu les résultats escomptés.

En attendant que la Force promise par les pays díAfrique centrale puisse se mettre en place et aider au cantonnement des ex-rebelles, chaque Centrafricain se demande à quoi vont ressembler les 18 mois de la transition et plus à venir. Même si selon RFI, les éléments de la Seleka installés désormais dans des camps militaires se font plus discrets dans les rues de Bangui. Les armes récupérées s'accumulent. Dimanche 28 avril, 405 armes ont été retrouvées au PK 13 selon un général de l'ex-rébellion. Mais, même ces bonnes nouvelles pour la quiétude des Banguissois ne peuvent pas masquer une réalité toujours difficile.

 



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