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ONU: La Séléka sur la liste des violeurs?

Le rapport des Nations unies a été rendu public par la Représentante spéciale chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, Zainab Hawa Bangura

 

Le rapport de 36 pages couvre 22 zones de conflit et met en bonne place la Séléka de Michel Djotodia, le nouveau président autoproclamé de Centrafrique. Le document démontre le lien entre violence sexuelle et exploitation illégale des ressources. Il insiste sur les causes de tels crimes dans les déplacements de populations et met l’accent sur les mariages forcés, viols et esclavage sexuel imputables aux groupes armés. Le rapport dénonce aussi l’utilisation de la violence sexuelle comme tactique d’intimidation dans le contexte des détentions ou des interrogatoires et insiste sur la nécessité de disposer d’informations quant au sort des enfants nés de femmes violées en temps de guerre. Il met également l’accent sur l’urgence de veiller à ce que les considérations en matière de violences sexuelles soient systématiquement prises en compte dans les processus et les accords de paix, et «les processus de démobilisation, désarmement et réintégration (DDR) auxquels les Nations Unies sont parties prenantes.»

 


© un.org
La Représentante spéciale chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, Zainab Hawa Bangura
«Nous devons braquer les projecteurs sur ceux qui commentent ces crimes, mais aussi sur ses commanditaires ou ceux qui les tolèrent», a déclaré la Représentante spéciale, pour qui l’engagement du Conseil doit signifier que la violence ne sera pas tolérée et que le droit international sera appliqué pour veiller à ce que de tels crimes ne restent pas impunis. «La violence sexuelle en temps de conflit a été utilisée à travers les âges précisément parce qu’elle est une arme peu coûteuse et dévastatrice, mais plus meurtrière que n’importe quelle bombe. Nous pouvons et devons inverser cette tendance et en faire un crime pour lequel le prix à payer est considérable», a déclaré encore Mme Bangura.

Un problème très étendu
La «Liste des parties soupçonnées d’avoir, selon toute probabilité, commis des viols ou d’autres formes de violence sexuelle, ou d’en être responsables, dans des situations de conflit armé dont le Conseil de sécurité est saisi », que l’on retrouve en annexe à la fin du rapport, donne une idée de l’étendue du problème.

Parties en République centrafricaine: Armée de résistance du Seigneur ; Séléka (regroupant des factions de la Convention patriotique pour le salut du Kodro, de la Convention des patriotes pour la justice et la paix en Centrafrique, de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement et du Front démocratique du peuple centrafricain)

La liste en annexe du Rapport
Cette liste, en annexe, n’est, bien sûr, ni limitative ni exhaustive. «Elle n’a pas pour objet de recenser l’ensemble des auteurs de ces actes, mais seuls ceux sur lesquels des informations crédibles sont actuellement disponibles sont inscrits sur la liste», précise-t-on dans le rapport. Il faut aussi ajouter à cette liste les cas de plusieurs autres régions et pays où sévissent la violence et l’esclavage sexuel et où on recourt aux viols comme armes et/ou moyens d’intimidation, notamment la Somalie, le Soudan, la Guinée, le Mali et la Syrie, dont parle aussi le rapport présenté au Conseil de sécurité le 17 avril.

On pourra remarquer aussi que, non seulement l’alliance Séléka fait partie des groupes sur lesquels des informations sont disponibles, mais que l’une des trois composantes de la Séléka qui se serait rendue coupable de crimes sexuels est l’UFDR, présidée par Michel Djotodia, qui s’est autoproclamé président de la République centrafricaine le 24 mars dernier après que la Séléka se soit emparée de Bangui.

 



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