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Centrafrique: la fronde des taxis de Bangui contre la Séléka

Les conducteurs de taxi et taxi-bus de la capitale mènent un mouvement de grève pour protester contre l'insécurité et les exactions qui se poursuivent

 

Lancé par le Syndicat des conducteurs de taxis et taxis-bus (STB), le mouvement a été très suivi dans la matinée à Bangui, où des centaines de personnes ont dû circuler à pied pour se déplacer dans la capitale Bangui. La grève a été suspendue à la mi-journée, après l'engagement du gouvernement à mettre en úuvre des mesures pour rétablir la sécurité dans la ville. Le secrétaire général du STB, René Sokambi, s'est dit satisfait de ces engagements, et a appelé les taxis à reprendre le travail, dans un message diffusé à la radio nationale. Tous les propriétaires des taxis et bus peuvent dès l'instant laisser leurs chauffeurs sortir pour transporter nos compatriotes et les amener dans les différents endroits de la place (Bangui), a déclaré M. Sokambi. On ne sait pas si les taxis vont reprendre de sitôt leur activité.

 


© DIASPORA-Multimédias
Déplacement des populations à Bangui à pieds. Elles fuient les exactions
Les grévistes se disent victimes notamment de braquages, d'enlèvements, et de dégâts matériels, dont ils accusent en particulier des combattants de l'ex-rébellion du Séléka. Nous sommes excédés par les nombreuses exactions des éléments de la Séléka contre les conducteurs des taxis et bus. Nous demandons aux autorités de prendre leurs responsabilités et de procéder au cantonnement et au désarmement des hommes de la Séléka afin de nous laisser travailler en toute quiétude, a expliqué plus tôt M. Sokambi. Vendredi soir, un taxi a été braqué sur l'avenue de l'Indépendance, (...) un bébé a été tué et sa maman blessée. Les auteurs ont emporté les recettes. Samedi et dimanche, deux conducteurs de taxis ont été enlevés et leurs recettes emportées, a affirmé le syndicaliste.

 


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Difficile de se déplacer convenablement
D'autres incidents ont été rapportés un peu partout dans la capitale. Selon des conducteurs de taxis et des commerçants du PK5 (point kilométrique 5), hier mardi 23 avril, un responsable militaire du Séléka a ordonné à ses hommes de casser les vitres arrière de tous les taxis en stationnement près du marché, après qu'un chauffeur ait frôlé son 4x4. Des hommes du Séléka, armés jusqu'aux dents, ont ensuite fait irruption à la radio privée Ndéké Luka, où les chauffeurs de taxis s'étaient rassemblés pour relater leur mésaventure. Les ex-rebelles ont menacé de faire sauter la radio, et d'égorger certains de ses salariés si les propos des conducteurs des taxis étaient diffusés, ont affirmé des sources concordantes au sein du STB et de la radio.

La situation en Centrafrique s'est considérablement dégradée ces dernières semaines après la chute du régime du président François Bozizé, renversé le 24 mars par la rébellion Séléka. Depuis, des accrochages se sont multipliés entre des hommes du Séléka et des habitants excédés par l'insécurité et les pillages, ainsi qu'avec des milices partisanes du président déchu.


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