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Centrafrique: ils veulent l'élargissement du CNT à 135 membres

De nouvelles concertations sont en vue à Bangui avec la présence de certains représentants de la diaspora centrafricaine

 

Depuis Paris en France où il s'est établi à la suite du décès de l'ex-président Patassé en 2011, Guy Kodégué, ancien porte-parole d'Ange-Félix Patassé, a réagi en appelant à de nouvelles élections pour le changement du bureau actuel du Conseil national de transition, sorte d'Assemblée nationale constituante ayant élu le leader de la Séléka, Michel Djotodia, président par intérim. "Il y a une consultation à faire. Il y a lieu de repartir pour de nouvelles élections", a souligné dans un entretien cet ancien membre du Front pour l'annulation et la reprise des élections (FARE), une coalition de l'opposition mise sur pied à l'initiative de Patassé (renversé par Bozizé en 2003) au terme de la présidentielle et des législatives de janvier 2011 contestées par cette opposition. Comme bien d'autres voix qui se sont élevées sur place à Bangui, M. Kodégué conteste le choix d'Alexandre Ferdinand Nguendet pour la présidence du CNT en raison de sa proximité avec l'ex-coalition rebelle. "Ça ne favorise pas l'équilibre des pouvoirs pour une bonne gestion de la transition. La présidence du CNT doit revenir à la société civile", revendique-t-il.

 


© journaldebangui.com
Souroumba Saulet (CNT-europe) à gauche et Guy Kodégué ex-Fare à droite
Pour lui, le poste devrait même être attribué à une personnalité féminine, à l'exemple de Marie-Noëlle André Koyala, ex-ministre aujourd'hui représentante de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) à Abidjan en Côte d'Ivoire et candidate aux premières élections du CNT tenues le 15 avril dernier un scrutin qu'elle avait perdu en se classant troisième.

A Bangui, l'heure est à l'expectative. "Pour l'instant, tout est en stand-by. On attend le retour du Premier ministre (Nicolas Tiangaye, en visite en ce moment à Bruxelles en Belgique auprès de la Commission européenne, NDLR). Parce qu'on ne veut pas continuer dans le cafouillage. Il y a d'abord un contentieux à régler: celui des usurpations de postes dans le bureau actuel", mentionne Fulgence Zeneth, représentant des organisations de défense des droits de l'homme au sein de cet organe. De l'avis de celui-ci aussi, "la nouvelle configuration impose que les choses soient désormais faites dans la transparence. Ça doit aller jusqu'au bureau même du CNT". La société civile centrafricaine, qui demeure active, avait déjà dénoncé les élections au CNT, soutenant que les procédures n'avaient pas été respectées. Les hommes des médias eux ont organisé une journée sans presse, pour protester aussi contre le mépris affiché des hommes au pouvoir et leur sous-représentativité au sein du CNT.

La diaspora mobilisée pour participer à la transition
Regroupés au sein d'un comité ad hoc créé dès la prise du pouvoir de l'ex-alliance rebelle de la Séléka le 24 mars à Bangui, des représentants de la diaspora de la République centrafricaine (RCA) à Paris en France intensifient leur mobilisation pour la participation à la transition politique amorcée dans leur pays. Représentée seulement par deux membres, Souroumba Saulet et Marie-Noëlle Andé Koyala, la diaspora centrafricaine mise sur l'élargissement décidé de la composition du CNT de 105 à 135 membres. «Pour aller à la paix et la réconciliation nationale, la République centrafricaine a besoin de tous ses fils et filles», plaide Kodégué, soulignant la nécessité pour les nouveaux maîtres de Bangui doivent tendre la main y compris aux responsables du régime déchu de François Bozizé. Selon lui, la mutualisation des forces est d'autant nécessaire que les caisses de l'Etat centrafricain sont aujourd'hui vides. Victimes de destructions et de pillages, les entreprises locales sont incapables de payer de leurs impôts. Or, les recettes fiscalo- douanières sont la principale des revenus de l'Etat. Comme la société civile, un appel est lancé pour la tenue d'une «[i conférence nationale souveraine» en vue de conjurer le mauvais sort qui hanterait la RCA depuis des décennies.

 



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