Archive

La Centrafrique privée d'aide financière extérieure

Quelle vision et quels projets díavenir le PM présentera-t-il aux partenaires et bailleurs de fonds lors de sa tournée européenne?

 

Après Paris en France récemment, le Premier ministre Nicolas Tiangaye est annoncé pour une nouvelle visite internationale auprès des bailleurs de fonds centrafricains ces jours-ci à Bruxelles en Belgique. Mais à Bangui, l'opportunité de ces déplacements fait débat. "Il va à Bruxelles avec quel dossier ? Est-ce qu'une évaluation des besoins a été faite après le conflit entre la Séléka et le régime de Bozizé ? Il ne doit pas partir juste pour les discours, il doit aller soutenir les dossiers", observe un acteur de la société civile. "La Séléka n'a aucun projet d'avenir en soi. Elle n'a pas une vision politique autre que celle de déloger Bozizé du pouvoir", un objectif que les nouveaux maîtres de Bangui ont réussi à réaliser, en allant de "succès militaires en succès militaires qui ont dépassé leurs espérances", juge le politologue camerounais Firmin Mbala pour qui, finalement, l'acteur clé de la transition à l'intérieur de la Centrafrique va être le Premier ministre, Nicolas Tiangaye, adoubé par la CEEAC. Auparavant chef de file de l'opposition démocratique, le chef du gouvernement d'union nationale en poste depuis les accords de Libreville qui avaient recommandé sa nomination, avait déjà été un acteur central lors de la transition consécutive au coup d'Etat de mars 2003 de Bozizé contre Ange-Félix Patassé, chef de l'Etat réélu démocratiquement quatre ans plus tôt pour un second mandat de cinq ans.

 


© journaldebangui.com
Quid de la sécurité et de la sécurisation du territoire
Par ces décisions, le nouveau pouvoir centrafricain a procédé à un changement d'homme à la tête des Forces armées centrafricaines (FACA) en nommant un nouveau chef d'état-major, en la personne du général Jean-Pierre Dolowaye, ex-sous-chef d'état-major chargé des opérations, présenté comme un responsable militaire bien formé et respecté de ses camarades d'armes. Mais, le nouveau commandant en chef de l'armée centrafricaine réussira-t-il à "s'imposer aux gens qui ne relèvent pas de sa chaîne de commandement, à savoir les éléments de la Séléka que leur propre hiérarchie a déjà du mal à discipliner, lui qui est issu de l'armée régulière et a combattu cette même Séléka ? Aujourd'hui, comment va se passer la cohabitation ?", s'interroge notre acteur social.

Du coup, des appels sont lancés pour la mise en úuvre du programme DDR (désarmement, démobilisation et réinsertion) destiné à pacifier la RCA et donc à mettre un terme à la circulation des armes. C'est un vieux dossier qui n'a pas évolué sous le régime Bozizé et que le confit entre celui-ci et la Séléka a ressuscité. Peu avant la prise de pouvoir de l'ex-rébellion, les pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) avaient débloqué 4 milliards de francs CFA (8 millions de dollars) pour la réalisation de ce programme et des promesses d'aide de plus de 3 millions d'euros de l'Union européenne (UE) avaient été annoncées.

Suspendue des organisations internationales dont l'Union africaine (UA) après cet épisode jugé comme une entorse à l'ordre constitutionnel, la RCA est aujourd' hui privée de l'aide financière extérieure nécessaire au fonctionnement de ses institutions. Le nouveau sommet extraordinaire de la CEEAC de jeudi a souligné la nécessité de fournir un appui conséquent pour accompagner la transition amorcée.

 



Commentaire


Retour en haut