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RCA: 4 questions au Président Michel Djotodia et au P. M. Nicolas Tiangaye

Liquidation et désintégration de la République centrafricaine pour des utopies et de vils tributs, ou l’art de creuser sa propre tombe

 

Les populations centrafricaines sur toute l’étendue du territoire vivent dans l’angoisse, le dénuement et l’insécurité totale. La stabilité est loin de s’installer. La mentalité de pillages, de destructions organisées, systématiques, est profondément ancrée. Ce dérèglement du comportement est encouragé par certaines pratiques à divers degrés. Le détournement, la confiscation des biens d’autrui et des affaires publiques en toute impunité ont contribué à l’asservissement des populations longtemps oubliées ou laissées pour compte. Le minimum requis a été mis à sac: la santé publique et l’enfance, l’école et la formation, les infrastructures routières et de développement agricole.

 


© afp
Le Président Michel Djotodia (g) et au Premier Ministre Nicolas Tiangaye (d)
Le Centrafricain «lambda» perd tout espoir et surtout quand il voit son pays chavirer faute de boussole. Alors, y a-t-il un commandant à bord ? De nombreux exemples témoignent de la survivance de la situation; ces exemples peuvent-ils un instant aider à tirer quelques enseignements si tant est la volonté et le désir. Que dire des célébrissimes cas des chefs d’Etat comme David Dacko, Jean-Bédel Bokassa, André Kolingba, François Bozizé, Moïse Tshombé, Sese Seko Mobutu ?

Gérer le bien public n’a plus de sens. La loi de la jungle s’impose. Au bout de la course, une règle implacable du jeu rattrape. La victimisation prend vite le dessus pour semer la confusion entre le vrai et le faux. Ce dérèglement encouragé conduit vers une culture de règlement de comptes, d’assassinat, de racket. Des innocents paient le lourd tribut. Ils crient leurs peines, leur colère; ils demandent la performance, la justice et l’abandon de la politique de l’impunité. Le bien mal acquis ne profite à personne. Osons faire le tour d’horizon en République Centrafricaine pour mieux cerner ce fait. Aucune leçon n’en sera jamais tirée. L’éternel recommencement et la même surprise.

Aujourd’hui encore: la peur, l’angoisse, la crainte de l’horreur, planent au-dessus de la tête, prennent au ventre. Des nouveaux occupants du Palais de la Renaissance se sont installés après d’âpres combats à travers le pays qui ont fait de nombreuses victimes, des déplacés et des réfugiés qui végètent dans des camps de fortune en RDC, au Cameroun, au Tchad. Une hantise agite quotidiennement les Centrafricains dans leur chair et dans leur esprit. Ils s’interrogent ici sur le calvaire et le traumatisme qu’ils endurent. Ils veulent comprendre ce qui leur arrive tout en désirant ardemment la paix.

Quatre questions se posent:
1 - Pourquoi la destruction des archives administratives dans différentes localités régionales ? 2 - Pourquoi la perpétuation des vols, du vandalisme, des assassinats, des viols, jusqu’à ce jour ?
3 - pourquoi le saccage des lieux de culte de la communauté chrétienne partout où Séléka est passée, même à Bangui ?
4 - Quelle pensée retenir de la lettre du président Michel Djotodia qui sous-tend l’islamisation et l’imposition de «Charia»: «Si Dieu le veut et que nous arrivons à Bangui, nous allons mettre en place un régime islamique afin d’appliquer la chari a » ( cf. lettre de UFDR signée par le président Djotodia, le17 avril 2012). Le pays est au fond du gouffre. Mais il peut remonter à la surface. Bonne chance à la République Centrafricaine. Qu’elle vive dans la concorde et le partage, dans l’Unité, la Dignité, le Travail.

Victor Bissengué, 16 avril 2013
2) Centrafrique 2010 in memoriam.

 



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