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République centrafricaine: La CEEAC est préoccupée

A la demande des autorités de Bangui, les chefs d’État ont convenu d’aider la Fomac avec effectif de 2.000 hommes et d’un mandat en vue d’accompagner les efforts de la transition

 

Pour la quatrième fois, la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale (CEEAC) s’est retrouvée hier jeudi dans la capitale tchadienne, pour évaluer les progrès réalisés en République centrafricaine dont les fondements constitutionnels n'existent plus depuis le 24 mars 2013, conséquence d'un mouvement de rébellion ayant occasionné la chute du président François Bozizé. «Tout ce que nous avons préconisé a été accepté. Sur le plan institutionnel, les choses ont sensiblement bougé», a reconnu le président tchadien Idriss Déby Itno, en ouvrant les travaux de Ndjamena. Le Conseil national de transition (CNT) a été constitué, il sera chargé de rédiger une nouvelle Constitution et jouera le rôle législatif. Il choisira, pour une période transitoire n'excédant pas dix-huit mois, trois personnalités qui doivent assumer séparément les fonctions de chef de l'Etat, de président et de vice-président du CNT. Alexandre Nguendet, élu à la tête du CNT, se trouvait à Ndjamena, aux côtés du Premier ministre centrafricain, Nicolas Tiangaye.

 


© presidencetchad.org
Le Premier ministre centrafricain, Nicolas Tiangaye à Ndjamena le 18 avril 2013
Centrafrique "une plaie au cœur de l'Afrique centrale"
Si à Bangui, beaucoup de chemin a été fait sur le plan institutionnel, rien n'a bougé sur le terrain sécuritaire. «La question principale et préoccupante qui reste à traiter est celle de la sécurité. Selon différentes sources d'information, des bandes armées incontrôlées pillent, rançonnent et commettent des exactions sur tout le territoire national de la République centrafricaine », a dénoncé le président Déby devant ses pairs. Cette situation, dénoncée également par une large opinion, tant centrafricaine qu'internationale, mérite une attention spéciale des pays de la CEEAC, selon le chef de l’Etat tchadien qui assure également la présidence en exercice de l'institution régionale. Le président Déby compare la République centrafricaine à «une plaie au cœur de l'Afrique centrale». «Malgré tous les remèdes prescrits au cours des crises que ce pays a connues, la plaie ne guérit pas en apparence. Il faut nous mobiliser très sérieusement pour mettre, je l'espère cette fois-ci, définitivement à cette situation d'instabilité récurrente», a-t-il précisé.

Réponse à l’appel à l’aide de Tiangaye
C’est pourquoi à la suite de l’appel du premier ministre centrafricain, Nicolas Tiangaye mardi 16 avril, «les chefs d’État ont convenu de doter la Fomac d’un effectif de 2.000 hommes et d’un mandat adéquat en vue d’accompagner les efforts du gouvernement de transition (centrafricain), tant dans le domaine de la sécurité que dans la restructuration des forces de défense et de sécurité», dit le communiqué final du sommet extraordinaire. Actuellement, la FOMAC ne compte que 500 militaires: 120 Gabonais, 120 Camerounais, 120 Congolais plus un contingent tchadien, ses soldats les plus aguerris, dont le nombre exact n’est pas connu. Les autorités centrafricaines avaient demandé à la Fomac 1.000 hommes supplémentaires.

L’autre grande question abordée lors du sommet sur la Centrafrique était le soutien financier à apporter à ce pays. Sur ce front, aucune annonce n’a toutefois été faite, sinon qu’un groupe international, composé de tous les partenaires de la République centrafricaine, se réunira les 2 et 3 mai à Brazzaville, au Congo, pour accompagner la transition. «L’organe de transition en place (à Bangui) n’a pas un sou dans sa caisse pour fonctionner. Il est urgent que les partenaires et les pays amis apportent leur contribution financière aux organes de la transition pour remplir sa mission», a déclaré le président tchadien Idriss Déby au Sommet de N’Djamena.

 



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